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JANTEL-ESPERLUETTE.BLOG.COM
, tiré du carnet électronique de même nom, est un recueil de poèmes essentiellement didactiques qui signe un premier contact avec les Muses.

"LE POETE" par Masayo Momijiya
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Dédicace

« Clair comme un son de cloche,

T’ayant fait cet aveu :
J’ai des fleurs plein les poches
Mais personne n’en veut. »

A ma mort.


PORTRAIT
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La générosité burinant ton visage,
Si le Temps, comme un peintre, a ses couteaux aussi,
La lame que l'Amour aiguise au fil des âges
N'aura pas épargné l'esquisse d'un génie !

Qui donc, en contemplant ta figure émaciée,
Tes traits marqués au fer d'une douleur sans nom,
Ne verrait pas soudain abondamment couler
Des pleurs lourds sur ses joues meurtries de compassion ?

Quand sur ton front, parfois, avant qu'il ne chavire,
Le pâle soleil lance un dernier rayon d'or,
On croirait voir l'Espoir, cet antique navire,
Jeter son ancre inouïe vers de nouveaux Açores !

Sombre l'humanité sous ces sombres rivages !
Voila l'atroce écueil dressé, funèbre étoc :
Par trop se reproduire engage le naufrage,
Le surnombre saborde enfin l'ultime époque.

Si marin tu étais dans cette vie amère,
C'est, naviguant depuis des lointaines planètes,
Que tu sillonnerais, mieux que d'autres les mers,
L'immense Voie Lactée, sidérales tempêtes !

Sur Terre existe un cap que des mousses futurs
Suivront à l'avenir, mais à contre-courant
De ce que nous apprend cette fausse culture
Menant la société à l'engloutissement !

Au sein du firmament bientôt naîtra cet astre
Dont des générations se plairont à poursuivre
Le brillant Azimut offrant, sur nos désastres,
  La noble Qualité des choses vraies à vivre !

Et l'Harmonie, refaite alors constellation,
Couronnera l'éclat d'une étoile nouvelle
Dès que Dieu aura peint, comme en quelque plafond,
Sur la céleste voûte un point nommé JANTEL.

*
LA MONTEE AU CALVAIRE

« Pour le reste, vulcanisme, subductionnisme, viralisme officièrent et les « humanocides » achevèrent d’équationner la quantité viable du moment. »
Karzenstein, 23 Juin 1999.


I

Pour avoir dit un jour : « - Vous enfantez à tort ! »
Jésus, à ce moment, est condamné à mort.

II

Se chargeant de sa croix, il commence à marcher;
« - II est quatre Fléaux ! » stoïque, il avouait.

III

Pour la première fois, il tombe, tel qu'un homme,
En criant : « - le premier, "Vulcanisme" se nomme ! ».

IV

Puis rencontrant sa mère, une femme fort belle,
II lui dit : « - Le second, "Viralisme" s'appelle ! ».

V

Et là, venu l'aider, à Simon de Cyrène :
« - « Subductionnisme », ami, est la troisième chaîne ! ».

VI

Quand Véronique entend, sous un front épongé :
« - « Humanocide » est donc votre ultime boulet ! ».

VII

Une nouvelle fois, il choit sous ses épines,
Murmurant : « - Votre ancêtre était un Androgyne... ».

VIII

Il console en ces mots les filles d'Israël :
« - Les perdants d'ici-bas seront gagnants au Ciel ! ».

IX

Une dernière fois, ses flancs heurtent le sol;
« - Le corps est un tombeau ! » relate sa parole.

X

On le dépouille alors de tous ses vêtements;
« - L’Esprit n'est pas de chair ! » ébruite-il aux vents.

XI

De même l'apophtegme : « - Exister n'est pas Être ! »
Avant qu'on ne le cloue sur deux poutres de hêtre.

XII

C'est à cet instant-ci qu'expient ses membres blêmes;
Pourtant clame un écho : « Vos enfants...c'est vous-mêmes !.. ».

XIII

Enfin d'Arimathée Joseph croit ce mort dire :
« - L'agnat sera l'aïeul, de ventre en ventre pire ! ».

21ème siècle :

Mais aujourd'hui, hélas ! Qui voit où nous en sommes
Quand grognent, sous les mers, ces bouches ignivomes ?




LA BOUTEILLE A LA MER



« La Terre, en tant que planète, subissant la « pression » du système stellaire dont elle est membre, s’éloignera de l’astre solaire, se figeant, se glaçant puis explosant pour se « météoriser ». Votre existence, alors, se situera selon la « Vérité originelle » comme le Père l’aura décidée ». (Karzenstein, Texte de Mars 1983).



I


Ô combien je te vois,
Subissant la "pression" du système stellaire,
T'éloigner, peu à peu, de notre astre solaire...
Fait certain, tu es là
A l'extrême opposé d'une armada d'étoiles,
Te figeant, te glaçant, "navire" sidéral...

En larguant tes amarres,
Ton "galion" de feu, et de glace mêlé,
Cingle ailleurs pour, soudain, se météoriser !
Afin que, tôt ou tard,
Tu t'avalanches, nue, dans le Temps et l'Espace,
Comme, sous le soleil, une simple névasse !


II


Qu’il est noble pourtant
Entre sourire et pleur, à ma voix tremolo,
De louer ton naufrage en d'ineffables flots !
De songer qu’au-devant
Des "abysses" du Beau, en explosant un jour,
S'engloutira, plus vraie, ton "étrave" d'Amour !

Quand sur ton axe oscille
Épave en devenir, plus leste qu'un bouchon,
Ta "carène" apprêtée au Vide, Fond des fonds,
Sans pitié te torpille
Déjà depuis son "poste", errant entre-deux eaux,
Le "Transformisme" armé de ses ardents Faisceaux !


III


Tout au long du "voyage",
Laisse donc le Néant noyer ta vaine "coque"
Sous sa "lame" qui n'a nuls écueils, nuls étocs...
Direction d'autres Âges,
Renaîtras-tu peut-être, avec, saine à ton bord,
"Marins" au noble cœur, quelque Humanité d'or ?

En ces lointains "Îlots"
Que le Père des cieux aura choisi pour toi,
Et où ton "ancre" alors, nouvelle, mouillera ?
Tout là-bas, tandis qu'aux
Confins de l'univers, seule sa Vérité
Saura sur quelle "nef" l'on s'en ira voguer !


IV


Les mutins, les esclaves,
Le destin éternel de nos cités maudites,
De ce monde infernal la liberté proscrite,
De la haine la bave,
La larve du malheur en son affreux lombric
N’auront plus à quêter des faux espoirs la crique…

Mayday ou S.O.S.
Projettent de nos peurs le refus de mourir
Que pilote l’humain sur les ondes du pire…
Les fusées de détresse
N’ont de sens où n'agrée l’Océan Univers
Qu’un silence inouï pour bouteille à la mer !

L’AILE DES VIEUX JOURS


Le corps flétrit, la peau craquelle,
Mais lorsque, lourd, s'abat sur elle
Le temps aux sévères séquelles,
La femme est moins superficielle.

Elle creuse dans son cerveau,
Pelle d'éther, des morceaux d'ombre,
A la recherche de ce Beau
Qu'elle a enfoui sous maints décombres

Où là, sous des blocs d'idées fausses,
Des statues cassées d'Amadis,
L'attend, d'or fin, l'aile complice
Qui guide l'âme hors de sa fosse.
LES CLOCHES DE SAINT-JACQUES


Avril est là qui sonne Pâques :
Voilà les cloches de Saint-Jacques !
Enfants ! Amis ! Réveillez-vous !
Et, aux branches du chêne roux, 
Entre vos murs aux portes closes,
Près du cyprès, du laurier rose,
Allez cueillir, divin présent,
Ce don qu'offrit leur son d'argent
Dans tous les jardins d'ici-bas
Et les maisons qui n'en ont pas...

Loin des fêtes de propagande
Vendant à prix chers leur légende !
En marge des mœurs « népotistes »
Qui siéent à vos mains attentistes,
- Cherchez ! (Le Vrai demande effort !)
Amis ! Enfants ! Ce réconfort
D'avoir enfin, fi du paraître,
Preuve irréfutable de l'Être,
N'exigeant, pour l'appréhender,
Qu'à s'y baisser...Qu'à s'y lever...

Sans qu'on les ait plébiscitées
A gros coups de publicités,
Elles sont reparties d'un saut,
Plus rapides que des oiseaux !
Leurs ailes n'ayant pas de prix,
C'est bénévole que se fit
Leur tour du globe sans escale
Dessus toutes les capitales,
A travers campagnes et villes :
De quartiers chics en bidonvilles...

En haut de l'arbre, au ras du sol,
Cherchez donc ce qu'en leur survol
Intimement elles cachèrent :
Dans un houppier, au pied du lierre,
Devant le seuil de sa demeure,
Dedans un simple pot de fleurs, 
Avant de retourner au ciel
D'une « Immensité Compostelle »,
Frappant battants d'or vermillon
Dans un fracas de carillon !

- Ensemble ! Allez quêter le neuf
Jour alléchant comme cet œuf
Que vous rêvez en chocolat :
Noir, blanc, au lait, grand est le choix !
Vous qui pensez, à toutes heures,
Culte du corps privé de cœur,
Que « vivre » est faire de son ventre
De préoccupations un centre
Autour duquel toujours gravite
L'égoïsme en ses satellites !

Mais l'embarras, énorme faille,
Saura aujourd'hui bien de taille :
Ne voyant forme qu'auraient pu
Pondre de leur rondeur dodue
La caille, l'oie, ou bien la poule,
C'est fort dépitée que vous, foule !
Rentrerez bredouille et honnie
D'avoir fouillé même le nid
De l'alouette que condamne
A mort la froide Tramontane !

Hélas ! Ce n'est, au bout du compte,
Que farce ce semblant de conte !
Arguons, et sans nulle morale
En clef des portes « Bien » et « Mal »,
Qu'en ce beau matin de printemps,
Aucun adulte, aucun enfant,
Sur son balcon, dans son verger,
Ne vit la « chose » illuminer
De son quotidien la grisaille :
  Distractions comme travail...

Leçon pourtant drainent ces dires,
C'est que « Rien », non, n'est point le pire
Quand « tout » aux mieux s’impose en maître
De ce monde où avoir, c’est être !
Ainsi se conclut l'intermède :
Sont possédés ceux qui possèdent !
- Amis ! Enfants ! Réveillez-vous !
Pour rien ! Pour le plaisir, c'est tout !
Avril est là qui, fêtant Pâques,
Sonna les cloches de Saint-Jacques !
POIDS ET LUMIÈRES


Souffrant d'un invisible haltère,
Robuste "athlète" de l'Amour,
Pense avant tout que la Lumière,
(Et pas juste celle du jour),
Pèse à l'encontre de l'Esprit
Comme une fonte au lourd tonnage,
Et que sa "masse", oui elle aussi,
Réclame un quotidien "levage" !

Transpire donc de ces efforts
Exerçant leur vive poussée
Contre le poids d'adversité
Dont sa Loi afflige tous corps !
Oui, à la Pression qu'elle impose,
Oppose ta propre pression,
Et tu verras, au feu des Causes,
De ton cœur sourdre des Rayons !

"Muscler" sa Foi dans la patience,
Voilà la tâche à accomplir !
Puisque, du zénith au nadir,
N'est que douleur notre existence,
"De soi s'abstraire" au quotidien,
Pour, au mépris de l'abandon,
Lever ces "barres" qu'un destin
Déploie sur toutes nos passions !

Ce que l'ombre doit au Soleil,
Ce que le Temps prend à l'espace,
Seule, de pesanteur en Grâce,
Le sut Dame Simone Weil
Qui, dans ce "monde Golgotha",
Par bien des écrits, nous criait
De soulever haut cette croix
Ayant pour nom...la Vacuité !

Hélas ! Un jour pourtant viendra
Où, dessous d'énormes contraintes,
Au sein des tourments et des geintes,
L'Humanité s'écroulera !
En ce "gymnase" qu'est la Terre,
Où les conditions seront telles
Que nul "Atlas", né de la chair,
Ne soutiendra plus aucun Ciel (1) !

________________________________________


(1) Évocation des Flux Directionnels non Contrôlables.
LA MORT N'EST PAS GRAND-CHOSE MAIS ELLE N'EST PAS RIEN


(D'après « LA MORT N’EST RIEN », texte attribué à Charles Péguy *)



Je ne « suis »pas vraiment dans la pièce à côté,
Et je ne suis plus « moi », mais vous vous restez « vous ».
Non, nous ne sommes plus ce que l'on a été
Les uns les autres; non, il n’est plus aucun « nous ».
Ne m'affublez pas plus du nom que je portais,
Ni ne me parlez comme avant vous me parliez.
Tentez de demeurer vous-même; et ne changez
Votre humeur du moment par quelque air emprunté.
Continuez à rire ! On riait tant ensemble !
Et si cela vous aide, et bien, priez pour moi.
Je n’en ai pas besoin, tel le peuplier tremble
N'exige d'oraisons pour croître dans les bois.
La Vie continue à être ce qu’elle était
Car ne l'a modifiée, sur Terre, mon passage.
« L'étant » ne peut en rien rectifier « ce qui est » :
Aristote jadis l'affirmait, lui le sage.
S'écarte la Pensée de tout humain « penser »,
De sorte qu’à vos vues je me rends invisible.
Dans « l'Au-delà », en chairs, point ne vous attendrez !
Il ne faut croire, amis, tout ce que dit la bible.

S'amalgame en l'Ailleurs, cellules vagabondes,
Au « corps » de l'Inconscient, d'autres Mémoires l'œuf.
Je reviendrai encor, mu par les « Multi-Mondes »,
Dans un nouveau berceau hanter un bébé neuf.


                                                                      ___________________________________________


(*) Un trouble plane sur ce texte qui est parfois attribué à Charles Péguy qui l’aurait écrit en remaniant un fragment de manuscrit de saint Augustin.
En réalité, il serait plutôt le fruit de la plume du chanoine anglais Canon Henry Scott-Holland (1847-1918).




MISÈRE D’UN DIMANCHE


Dans les villages, dans les villes,
Étendu sur des tancarvilles,
Sèche le linge propre aux vents;
Sur un balcon joue des enfants;
Le bricolage offre à untel
L’occasion de montrer du zèle;
Tout fier de sa nouvelle blouse,
Ce quidam - lui - tond sa pelouse;
L’un bronze et se met de la crème;
L’autre compose ses poèmes;
La famille, devant bébé,
Balbutie des banalités;
On s’empresse de ramasser
Les laitues dans le potager;
L’on voit à la télévision
D’un navet la rediffusion;
En prévision du dur hiver
Mémé tricote un pull-over;
La sieste sait faire passer
Le digestif mal digéré;
Les jeux de sociétés amusent
Les hôtes dont les rires fusent;
On refait le monde qui pique
Du nez, par de la politique;

Et là-haut passent les avions
Qui paraphent de blancs sillons,
Ratifiant nos fatalités,
Les pages des ciels pollués.
L'OR DES SAGES


L'immense Pression que déploie le Vide
Visite l'esthète qui ne l'abhorre,
Et naît soudain le chef-d'œuvre splendide
De ses mains suant douleurs et efforts...

Puisque admettre
Qu'éternel
Un Ciel
"En-soi"
Nous dépasse,
C'est émettre
Le souhait
De louer
Sa Loi
Qui tout passe !


Filmer...peindre...écrire...composer...Soit !
Mais réverbérant le stable Absolu,
Que l'inégal quotidien banni soit
D'une quête au demeurant ingénue !

Car c'est l'Être,
Dans la Foi,
Qu’on se doit
Tous d'aimer,
Loin des fanges
Du paraître,
Pour ainsi
Faire, ami,
Transmuter
L'homme en "Ange" !

A la lumière de Dieu fait principe
Diffusant l'or d'un unique rayon,
Et qui les nuages du faux dissipe,
Ô mes Frères Artistes, travaillons !

Pour que, vive
En nos veines,
Coule saine,
D'un canal
D'Unité,
Cette rive
Nous offrant
Son Courant
Initial
De Pensée !


BOUDDHA NOIR
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« BOUDDHA NOIR » est une sorte de figure emblématique représentant la tragédie des inéluctables re-vies humaines.









Bouddha noir,

Tu m’as convaincu :
Nul espoir,
Toujours choit la nue.

Il n’est pas
D’âmes quittant Terre.
Loin est la
Fière stratosphère.

Tel Ciel pleure
Les larmes du monde :
Larves, leurres
Que les mères pondent.

L’amour fait
Cette gouttelette
Dont l’effet
Baptise les têtes.

Lui naît roi,
L’autre sera serf;
Même Loi
Sacre et met les fers.

L’éclair tombe
Qui doit faire naître
L’hécatombe
Aux mains des faux maîtres !

Quelques chefs
Veulent que la vie
Soit le fief
Du trône agonie.

L’ombre couvre
Nos cités maudites
Sur qui s’ouvre
L’aile Messerschmitt.

Flue la fuite
Armant les gens de
P.38
Auprès des prie-Dieu !

Trop d’enfants
Mis bas font les morts
Innocents
Comptés par pléthore !

Les chairs cuisent
Au fond d’affreux fours.
Crie l’Église
Que « Dieu est Amour »…

C’est l’orage
D’autres Firmaments
Qui outragent
La vertu qui ment !

Tant de flots
Qui vont et qui viennent
Que nos maux
Plus ne se retiennent !

Pas d’écluse !
Ni de digue encore !
La crue use
Quelconque décor.

L’onde monte
Et charrie partout,
Flux de honte,
Un mondial égout !

Électrique,
L’Univers accroît,
Éclectique,
L’humain désarroi.

Foudre tonne
Quand plus bas jaillit
De Cambronne,
Le trait de génie !

Torrents, rus,
Cascadent d’effroi !
Dans nos rues
L’on pendit la Foi.

Des rivières
D’infamie sévissent !
La vipère
De l’homme est complice.

Tout se casse :
La ville a déchu.
Car l’Espace
Ainsi fait sa mue.

La nature
Se voit crucifiée
De tortures
Diversifiées.

Forêts, monts
Croulent en des fleuves
Au limon
De veufs et de veuves !

Le cours meut,
Brimé par les bombes,
Celles, ceux
Qui gisent sans tombe.

Baigne autant,
Au courant fatal,
Ce tourment
La gent animale !

Direction :
La mer des ruptures
Où s’en vont
Toutes nos souillures !

Fange d’actes,
Laquelle accélère
L’artefact
Du geste éphémère !

Tout cela
Pour qu’en jeux ingambes,
Triste joie,
S’égaie l’entrejambe !

Or moutonnent
En de vagues houles,
Non point bonnes,
Des âmes par foules !

Leur vapeur
Prépare déjà,
Noires heures,
De futurs combats !

L’horizon
Se pare là-bas
D’un soupçon
De nuages bas.

D’autres pluies
Viendront répéter,
Temps maudits,
Nos fatalités !

Et je vois
Mon prochain berceau,
Ouvrant bras,
M’offrir ses arceaux :

Faute aux forces
D’un fol magnétisme
D’où s’amorce
Tout hylémorphisme !

Bouddha noir,
Là, sur mon balcon,
Je veux croire
Aux lois de Newton !


Écrit au dessus du village de Saint-crépin,
lors d’une randonnée dans le Guillestrois.

AVEU


« L’Eclairage n’est qu’une forme de lumière mais n’est pas la Lumière ». Zilder, le Dimanche 7 Septembre 1997.




Face à cette bougie qui perce là dans l'ombre
Un Mystère inconnu que cache la pénombre...

Lorsque brille Noël tout autour du chaudron
Dans lequel un quidam fait chauffer des marrons...

Belles rouges ou bleues ! Devant ces artifices
Fêtant, comme il se doit, un futile armistice...

Quand la mégalopole, avec ses mille ampoules,
Berne, ému, le touriste inondé par les joules…

Si quelque physicien, sous des nuées d'étoiles,
T'explique ce qu'il croit être loi sidérale...

Sache dire à tous ceux trompés par l'éclairage :
- "Celui que leurre un feu n'est digne d'être un sage".
ODE A UNE SŒUR HUMAINE


Je ne suis pas de ceux qui de leurs "barcarolles",
La larme fine à l'œil, l'aubade douce aux lèvres,
Évoquent en chansons, via un verbe mièvre,
Cet avenir à deux voulant que l’on convole !
Car la gondole mienne, oui, vogue en ces eaux troubles
Qu'une femme refuse à souffrir comme dot,
Où, la lyre en mes mains, est-ce donc de ma faute ?
Ivre que d'Unité, je ne saurais voir double !
En marge des désirs et loin du doux billet,
Ce sonnet s'en vient là, fi de toute "Venise",
Par ses vers rendre hommage, amicale entreprise,
Avec force enthousiasme, à ton aménité !
Mais il est temps pour moi de regagner ces Chutes
Qu'une "Fluctuation" anime, et d'où tout mute...


BALLADE ÉCRITE EN L'HONNEUR D’UN COUPLE D’AMOUREUX


Combien tout couple heureux est un lien que délie
Fatalement le Temps, peu ou prou tôt ou tard !
Qu'il me soit pour autant offert, en ce jourd'hui,
L'occasion de chanter, exception assez rare,
Ce sentiment nouant, provisoire il est vrai,
Une femme à un homme en proie à l'attirance.
Or péchant par entrain, serions-nous oublier
Ces pressions qui en nous causent tant de souffrance ?

Lorsque siffle en les bois l'harmonieux rossignol,
Qu'il est plaisant, à deux, d'écouter, sur sa branche,
Le Philomèle habile, en "do", en "si", en "sol",
Gringotter ses chansons un matin de dimanche !
Pourtant l'hiver affreux, s'en revenant bientôt,
Vêtira d'un manteau lugubre nos romances,
Quand, de neige en frimas, pétriront toute peau
Ces pressions qui en nous causent tant de souffrance !

Alors, allez en paix ! Et puis aimez-vous comme
Nous le préconisait, en cité de Sion,
Il y a deux mille ans, ce cerf qui se fit homme
Et que dévora, vile, une "société cyon" !
Lui qui, nous exhortant à ne rien détenir,
Subit, sur une croix, et les clous et la lance,
Pour que nous saisissions qu'on se doit d'accueillir
Ces pressions qui en nous causent tant de souffrance !

L'ENVOI

Amoureux de tous bords, loin de l'épithalame,
Ne voyez en ces vers, que d'aucuns déjà tancent,
Qu'un encouragement à chérir, corps et âme,
Ces pressions qui en nous causent tant de souffrance !

A UNE EMPLOYÉE DE L’A.N.P.E.



Rimbaud, criant : " - jamais nous ne travaillerons !"
Ne sut pas que sa plume offrait, loin du labeur,
Foin des coups répétés du fouet affreux des Heures,
A la postérité, le plus noble des Dons !
Entérinant ces mots qui ne sont pas les miens,
Mais aimant le propos au sens si délicieux,
Moi, je rêve qu'un jour le sigle A.N.P.E.
Pour les hommes traduise : "A Nous la Paix Enfin !"
Lorsque, las de la guerre et des enfantements,
De hochets en fusils, cycles inadmissibles,
L'on mettra fin ensemble à ce destin terrible
Dont on voue tout berceau qu'une âpre tombe attend,
Et quand pour seul "travail", sans nul émolument,
Se dressera l'Amour plus haut qu'un monument !
L’ÉTAT DE NON-PENSER



Se sentir absorbé par la flamme de l'âtre,
Et, amoureusement, ne plus désirer qu'elle
Pour seule compagnie : attirance vers celle
Qui est la Dimension parée du chiffre quatre...
Voir dans le feu de l'Être une non-action,
Telle Énergie qu'on doit surtout ne point gâcher;
La chaleur d'un Amour à emmagasiner,
Sans jamais se distraire, en un pur abandon.
Ne pas s'en écarter pour ne pas frissonner,
Ni l'approcher par trop, danger d'une brûlure;
Contempler, silencieux, en cet élément pur,
Une image de Dieu miniaturisé.
Avant-goût, en tout cas, d'un État de Suspens
Qui, au foyer des Cieux, chacun de nous attend.

LA PENSÉE EN MARGE DU PENSER


Poème sur les « États de Suspens ».



Parmi ce Ciel sans nuages
Où les « âmes » se retrouvent,
Des plus simples aux plus sages,
Des plus « agneaux » aux plus « louves » ;

Quand le Néant s'y fait temple
Sans oraison à citer,
Seul le Silence est l'exemple
Qu'elles ont à méditer.

Ni prière, ni leçon,
Nulle formule à connaître :
Philosophie, religion,
N'y ont ni prêtres, ni maîtres ;

De cet Azur admirable
Le chiffre est mis au piquet
Où la tête des vocables
D’un bonnet d’âne se vêt ;

Dans ce Monde où la matière
A rendu son tablier,
La science, cuisine amère,
N'y bout de ses vils fumets.

Ah ! Se réjouir du spectacle
D'un Foyer perpétuel
Dont l'éclat ceint de miracles
La splendeur du Spirituel !

D'un Soleil époustouflant
Qui ne s'éteindra jamais :
Icône du « Transparent »,
Lequel brille sans brûler !

Pour vivre enfin la Pensée
Qui, sans éblouir, éclaire :
Cet Etat de Non-Penser
Demeurant la vraie Lumière !

Et pour ne point revenir
Dans la boue de ce « paraître »
Que l'on tend à « réfléchir »
En marge de ce qu'est l'Être !

Et dans laquelle se vautre,
Drame de l'opacité,
Le cauchemar qui est nôtre
De croire à ce que l'on fait !

Parmi ce Ciel sans nuages
Où les « âmes » se retrouvent,
Ne plus naître est la plus sage
« Acceptation » qui se trouve !
LA VRAIE PARENTE DE JÉSUS


« Lorsque Jésus dit « Je ne suis pas venu abolir la Loi, je suis venir accomplir la Loi », il ne fait pas référence à la loi édictée par Moïse (Lequel connut ce qu’est la véritable Loi). Il est question ici de la Loi des Échanges, la Loi d’Alternance Osmotique, celle où l’on ne se soucie pas de la réciprocité en tant que profit, en tant que récompense (cogito), celle où l’interaction s’opère dans la justesse et non la justice » (…)
(Karzenstein, Samedi 26 février 2000).




Jésus tout jeune encore avait fui ses parents
En simples compagnons qui, par trop mécontents,
Chassaient à travers rues, impasses de Solyme,
Depuis trois jours entiers la fugue illégitime...

Ils le virent enfin sur le parvis du Temple
Récriant aux docteurs stupéfaits  : " - Vois ! Contemple !
Père ! Ceux-ci te prient mais veulent vie garder !
C’est que tous la perdront, sans ne t’aimer jamais ! "

La Pâque avait bien clos ses somptueuses fêtes,
Tandis qu’en caravane, épiant vers Nazareth
Ces monts qu’abreuve au loin le lac de Tibériade,
Père et mère, lassés des sables par myriade,

S’en revenaient chez eux sans leur fils de douze ans ;
L’absence constatée, sur leurs pas revenant,
Un courroux sans pardon guidait la marche blême
Du couple abandonné, jusqu’à Jérusalem ;

- " Pourquoi nous avoir fait ce mal plus que perfide ?!
On se doit d’obéir, le nier serait stupide,
A sa famille : la Loi d’Airain faisant mien
Celui qui vit son jour premier dessus mon sein !... "

Et joseph d’acquiescer en inclinant la tête;
Ces dires brassaient l’air ainsi qu’une tempête
Lorsqu’en rage, battant ses pieds sur le porphyre,
Marie vit son enfant trôner dans un sourire...

- Celui-ci les toisa tous deux, tel ce lion
Dont le regard de feu fera trembler Légion.
Puis il se releva, et d’un frisson glacé
Les invita à voir, par un rideau masqué,

Ce Visage inouï qui, âme du Sanctuaire,
Brille du seul Devoir qui s’impose sur Terre ;
Et, relevant le voile épais, dans la pénombre
Il s’inclina devant deux points de braise sombre.


A L'ENFANT QUE JE N'AURAI JAMAIS


Comme un bouchon de liège
Qui sur l’océan flotte,
Qu'il eût le privilège
Jadis d'être Aristote,
Où ce guignon demain
De n'avoir pas de nom,
Reste jouet l'humain
De ces Fluctuations
Qu'un mouvant Univers
Déploie sur tous ses membres :
Chante été, hurle hiver,
Conçoit Mai, tue Novembre,
Quand une lame monte,
C'est bientôt que descend
Sa gloire qui en honte
Se transmue sur-le-champ !
Untel prie, crie la foule,
En l'élément, ainsi,
Tangue un jour, l'autre roule,
Toute géométrie ;
Chanceux ou d'infortune,
Marin sait, tard ou tôt,
Que sa quille et sa hune
Seront noyées des flots !
Alors, m'en voudras-tu,
Naviguant le bateau
D'une société mue
Direction un radeau,
De n'avoir pas adjoint,
Par ta venue sur Terre,
Dans ce chaos certain,
De plus une misère ?
Oh ! ce naufrage dont
L'us est d'entretenir
Le fait que l'on crut bon
De trop se reproduire !

AU BORD DES CHUTES DU GENIE


"(...) Le "Reçu" est vertigineux pour qui est à même de percevoir la chose, vertigineux quant à sa canalisation pour le réceptacle que vous êtes, Jantel, puisque vous êtes en l’instant présent directement concerné par mes propos et s’ensuit l’excès en ses formes diverses dont je vous avais plus ou moins entretenu précédemment (...)" Rasmunssen, 1988. 




Depuis ma balustrade, accoudé cette nuit,
Un impossible rêve, au bord d’un infini,
M’ayant déposé sans demander mon avis,
- Une fois le « voyage éthérique » accompli,
Perdu au beau milieu d’une vapeur étrange, -
Moi, la bête d’hier désormais au front d’ange,
Je voyais une chute, immensément profonde;
Des lumières, frappant contre le rideau d’onde,
Faisait naître, à sa crête, en des poudres d’argent,
Comme engendre tout couple un légitime enfant,
Fruit de l’ardent hymen du flot et du rayon,
Un superbe arc-en-ciel en lévitation.
Un bruit assourdissant accompagnait la perte
De ce fleuve inconnu en maintes trombes vertes.
Le plongeon de cette eau se perdant là, sublime,
Au sein d’un indicible et gigantesque abîme,
La vue devenait floue à y chercher un fond.
Où finissait vraiment cette avalanche dont
Nul n’aurait mesuré l’ultime profondeur,
L’illimité pour sonde à l’horrible noirceur ?
Peut-être qu’en cet antre où d’intenses bouillons
Croulaient dans le néant, n’existait nul tréfonds,
Et que, devant mes yeux où triomphait le vide,
Se trouvait le tonneau géant des Danaïdes !
Je laissai échapper soudain un piteux : « boufre ! »
Car le monstre étant tel, ce n’était plus un gouffre !
Aucun audible écho ne témoignait qu'en bas 
L’écume percutait, dans un affreux fracas,
Une surface en proie au déluge terrible !
La vague submergeait l’Immensité, sa cible.
Il m’aurait bien fallu inventer un vocable
Pour traduire la chose à tout point admirable !

Pourtant, comme un faucon a coutume d’aller
Jusqu’où ne va pas l’homme, espèce limitée,
Une Force inconnue, souffle de nulle part,
Agréant ma vision, invita mon regard
A fondre tout à coup, sans craindre aucun impact,
Au cœur vertigineux de l’ample cataracte !

Au bout d’un saut ayant semblé durer des heures,
Quelque main m’accorda l’état d’apesanteur !
L'âme fixe au côté d'un globe qui flottait
Sous d’énormes pressions qu’on ne pouvait chiffrer,
J’aperçus, au sommet de la boule en suspens,
Ce que je pris d’abord, dans le bouillon gris blanc,
Pour un insecte affreux que broyait la cascade;

Mais ce qui s'agitait, à l'instar d'un malade
Mental, n'était en fait qu’un homme minuscule
Miniaturisé à l’échelle de cellule !

"Voilà l'homme ! me dis-je, esseulé sur son astre,
Et, qu'en roi prétentieux, couronne le désastre !"

La créature nue me hurlait : « Au secours ! »
Elle était ridicule, et je me montrai sourd
A la complainte émise, avant de me hisser,
Comme par un long treuil à mon esprit fixé,
Jusqu’au haut belvédère, errante terre ferme
Qu’à mon cerveau le songe offrirait jusqu’à terme.

Je demeurais placide, auditeur du silence.
Les rapides, plus bas, s’écroulaient parmi l’anse
Qui m’apparaissait être un suprême extremum,
Tandis qu’elle imageait, à mes yeux, seul un homme !

- Jantel ! Vois ton Amour ! Contemple ton Génie
Noyer le genre humain ! ai-je crié ainsi…
Toi, victime à venir, toi mon ami Jantel !
Lui la race abreuvée, têtard de cascatelle,
Du flux science épanchant son ondoiement de mare
Où barbote, en sa boue, la vanité canard !
Regarde, désormais, avec attention,
Celui qui aujourd’hui, par son ostentation,
Te toise grandement du fait que d’âpres doutes
Minent son cogito, dessus le choix fait route,
Ce véhicule affreux victime d’embardées !

Mais depuis très longtemps, tout cela, tu le sais.

Ce pantin gesticule, amas très limité
De chair, que seule émeut l’action intéressée !
Fantoche dont les fils sont remués sans cesse
Aux mains des Destinées qui de lui se repaissent !

Sois donc rasséréné ! Quand de ta Foi le puits,
Toute ta vie durant, ne s’est jamais tari,
L’oasis du désert société, quant à elle,
Rasée bien assez tôt du « profit sauterelles » ,
Verra son vil espoir, sa phréatique nappe,
Complètement à sec, sous la peur qui le sape !

Qu’expose auprès de tes Flueurs de joie, Jantel !
Le débit colossal du « Salto Del Angel »,
Sinon une fontaine à peine perceptible
Comparée au puissant jet d’un geyser terrible ?!

Tu inondes, Jantel ! Ici-bas, d’une pluie
Que dénigrent déjà les voix de l’infamie,
Alors que chaque goutte, aux spumescentes gerbes
Que distillent tes Dons, suinte d’émois superbes !

Jusqu’au jour où ta chute, en ce plus que bas monde,
Quand Terre vêtira nouvelle mappemonde,
Étanchera la soif de milliers de personnes
Venues boire à ta source où Justesse rayonne !

Ô fantasmagorie fugitive d’un soir !
Ô rêverie, ô sœur sacrée du verbe « voir » !
Tel qu’un ivrogne qui tout à coup verrait double,
Voilà que je replonge au sein de limbes troubles,
Voyant deux Mondes où plein et rien se côtoient,
Et que je sombre en mer d’un sommeil enfin roi !

Me pardonneriez-vous que fatigue me pousse
A prendre, ô mes Eons de l’Ombre ! de vous tous,
Congé fatalement sans que le choix jamais
Me soit offert d’émettre un quelconque souhait ?

A chaque envol nouveau, le choc reste fatal !
Ô Muses ! Vous tuerez un jour votre féal !
Ce faisant, vous ferez d’un mourant un heureux
De quitter la planète en direction de cieux
Plus cléments pour un être inutile à ses frères !

Acceptez le bonsoir des ténèbres, Lumières !


COMME...


Inspiré du péplum "La guerre de Troie" réalisé par Giorgio Ferroni, ainsi que par une lecture de l'Énéide de Virgile et de l'Iliade d'Homère.




Comme Achille et Ajax pour les remparts d'Ilion,
Comme Hector et Pâris pour la spartiate Hélène,
Comme pour Ménélas, son frère Agamemnon,
Le trésor de Priam tombant aux mains d'Athènes...

Mourons,
Si ce n'est pas du corps, mais du moins en l'Esprit,
Tombons,
Dans les bras de Dieu ainsi qu'on s'évanouit,
Sachant
Que le fleuve du Vrai ne coule en volitions,
Oui en
Laissant faire son Flux, bannissons l'Intention !

Comme Patrocle pour la gloire fugitive,
Comme pour Briséis la chasteté votive,
Comme Andromaque pour un plus noble hyménée,
Et comme Ulysse pour le malheur d'être né...

Mourons,
Si ce n'est pas du sort, mais du moins en l'Oubli,
Tombons,
Dans les bras d'un mieux, loin du pire épanoui,
Sachant
Que le flot Vérité n'exalte le "conscient",
Oui en
Son Courant juste, offrons-nous au "Semi Conscient" !

Et hélas ! Comme Enée avec sur ses épaules
Anchise pour que Troie plus grande fortune ait,
Comme Ascagne et César pour que la destinée
Voit naître Albe la Longue et la Guerre des Gaules...

Mourons,
Si ce n'est de la mort, mais du moins en la Vie,
Tombons,
Dans les bras doux et pieux de l'effort accompli,
Sachant
Que l'authenticité n'est pas l'acte en son "truisme",
Oui en
Le pur Agissement, baignons enfin "d'Altruisme" !

Afin, comme Stentor, d'avoir à vive voix
Le timbre surpuissant, et de partout crier
L'unique Foi et Loi de l'Oblativité
En seul code moral de bien plus justes joies !

Mourons
Pour renaître à bon port navire d'Infini !
LETTRE A LILI


A l'orée des bois,
Borée, qui aboie,
Laisse là de marbre
Le peuple des arbres,
Lequel se balance
Et, insoucieux, danse
Sur ce courant d'air
Ne le gênant guère...

Vois-tu donc, ma nièce,
Ton âge te presse,
Via tes parents
T'y encourageant,
A vite trouver
Quelque amour parfait
Afin qu'un jour naisse,
Sur ton cœur en liesse,
Dans des linges blancs,
Le corps d'un enfant;

Or, est-ce aujourd'hui
Ce qu'en cette vie,
Au nom d'un sourire,
Vraiment tu désires,
Libre de ton choix
Coupé de la voix
De ceux qui imposent
Cette vue des choses
Prêchant l’allégresse
De toute grossesse ?

Sache cependant
Que, prenant pour "vents "
Ces pompeux discours,
D'aucuns fuient les bourgs
Défier, sous les branches
Dont la ramée penche,
Borée qui aboie
A l'orée des bois
En laissant de marbre
Le peuple des arbres...

Comme il se balance
Et, insoucieux, danse
Sur ce courant d'air
Ne le gênant guère !







QUESTION POSÉE A UN BOTANISTE


Qui la saura demain cette science superbe
Démontrant qu'à un sol, variété minérale,
Autant que pour cet arbre, une fleur, le brin d'herbe,
Correspond du cerveau tel type cérébral ?
Cette "pédologie", non point ésotérique,
Montrant que, par faisceaux, corpuscules et ondes,
"Incidence" ingérée en "l'Idiosyncrasique",
Dans la terre sourit et pleure l'humain monde ?
Qu'un volcan parfois arme une révolution ?
Que crie la lave ardente où murmurait le sable ?
Que bercent nos cités certains chants d'alluvions ?
Et qu'en nos sociétés, comme une terre arable,
Du bon grain à l'ivraie, du saint à l'assassin,
Variant selon les lieux qu'amour fertilisa,
Germeront des valeurs que chaque citoyen
Subira tour à tour, Édaphisme en ses Lois ?

 

A L'HOMME

En cet enclos ambiant qu'un œil ne situe pas :
Espace et Temps filant leurs subtils barbelés,
Tu pais le foin infect d'une inutilité
Qui, malheureusement, ne l'est seul que pour toi !
Quand beuglent tes sanglots - vile bête sans cornes
Qui vêle des enfants plus que bœufs des aumailles ! -
D'invisibles fermiers exploitent ton bétail
De parfait ruminant au cerveau malitorne !

Sonne au lointain : « Cling ! Clang ! » cette cloche à ton cou
D'une âpre condition ne te quittant depuis
Qu'il te plut de penser éden l'eupareunie !
Et pendant que, les pieds dans la fange, le joug
Supporté avec foi sur de lasses épaules,
Pataugent, idiots, tes sabots jusqu'au soir,
Tu songes, fatigué, à joindre le dormoir
Où t'attend ta femelle au jarret qui t'affole !

Bave ! Chie ! Bouffe ! Pisse ! en te croyant le maître
De toi-même, minus, comme de l'Univers !
Tel qu'un veau donnera, exhorté par sa mère,
Viande, lait, tôt ou tard, avant de disparaître,
Tu devras, toi aussi, payer l'impôt sommaire,
- Génisse adolescente, imberbe taurillon –

A ces « dieux bouviers » qui te ponctionneront !
Toi, qui te crois trop libre, et gambades, l'air fier,
Et qui crieras : « Mammon » ! tout juste après : « maman » !
Connais dès à présent cette exploitation :
Sustenter d'Autres Corps nos molécules vont.
Nos émois rassasient d'Autres Esprits vivants.
TENSON


La Femme:

- "Le livre "saint" te le demande
A ce que tu fasses l'offrande,
Là en mon corps, sur cette couche,
De ce que t'inspire ma bouche !"

L'Homme:

- "J'aimais l'ermite au tendre cœur
Que fut mon grand père après l'heure
Futile de ces feints soupirs
Qui aux noces le conduisirent !"

La Femme:

- " La Loi ici-bas est d'aimer
Afin de nous multiplier,
Ainsi que l'affirma l'oracle
Du Mosaïque Tabernacle !"

L'Homme:

"- Ni Moïse, ni Salomon,
N'ont écrit ces légendes dont
L'origine, plus que douteuse,
Provient d'une plume trompeuse !"

La Femme:

- "Si ton ancêtre n'eut conté
Fleurette envers sa bien-aimée,
Où serais-tu donc aujourd'hui,
Ne leur dois-tu pas de ta vie ?"

L'Homme:

- "Cet homme, un être sans pareil,
Parlait souvent dans son sommeil,
Citant des tirades subtiles
Prises à Sophocle et Eschyle !"

La Femme:

- " La Grèce ayant pour le Lycée
Des enfants faits au Gynécée,
La Femme pleine se réjouit
D'être grosse de son mari ..!"

L'Homme:

- "Heureux celui qui n'est pas né !"
Dit Silène à l'Humanité,
De même Œdipe aux multipares,
Voire Théognis de Mégare !"

La Femme:

" Prométhée vint donner le feu
Qu'il vola à l'Olympe, et ce
Voulant que tous les hommes naissent
Pour que la Vie leur apparaisse !"

L'Homme:

- " Cette Origine n'a de forme,
Elle est l'Immensité énorme,
Un corps ne peut la contenir,
Pas plus que le fait de mourir !"

La Femme:

"- Est ce cela que ton aïeul,
Avant de baiser le linceul,
Te légua, depuis son fort âge,
Ami, en ultime héritage ? "

L'Homme:

- " Jeune, il aimait le vin, les femmes,
Mais regretta ce temps infâme
Où "vivre" en lui fut "d'exister";
Sur mon berceau...il m'a pleuré !"

La Femme et l'Homme ensemble:

- "L'Univers est ce que nous sommes:
Comme d'une femme et d'un homme,
Ouvrant le lit des Créations
De deux principes la Fusion...
Mais dont le fruit n'a d'innocence
Qu'en l'Infini qui l'ensemence
Où dorme, sous un drap du Ciel,
Le Chœur des âmes éternelles !"

L'Enfant (qui ne renaîtra donc pas):

- " Grand merci car, restant au Cieux,
Pour père et pour mère, j'ai "Dieu" !"
QUATRAIN QUI COCORIQUE


Toi qui portes si haut les ailes de l'Amour,
Mais qu'un Destin posa dans notre basse-cour,
Il te faut désormais voler loin de la foule,
Car l'aigle oublie ses nues à s'enticher des poules.


A Jantel, l'homme-alérion, d’Esperluette "Sort-de-l'Oeuf" venu picorer quelques vers (de l'air).
POÈME SUR MOI-MÊME


Si le "je est un autre" ainsi que sut le dire
Une âme torturée par mille et un démons,
Viens-t-en vite, ô ma plume ! uniquement transcrire,
De regrets en remords, quelque âpre confession.
Lors même que pudeur m'interdirait de faire
Déballage d'ego, une équation logique
Pourtant résume bien mon boulet et mes fers :
Inutile naissance, existence identique.

Je maudis et le jour, et l'heure et la seconde,
Où ma mère, stupide et candide à la fois,
Dans d'horribles douleurs, émue, me mit au monde
En me posant, gluant, sur son sein plein d'effroi !
Hélas ! que n'ont-ils fait, sage-femme, docteur,
Esclaves à genoux de l'art obstétrical,
Un long nœud coulissant pour mon cou en sueur
Avec ce vil cordon qu'on dit ombilical ?!

Mon seul but dans la Vie : Mourir dès que possible,
Dis ! m'attirera-t-il les foudres des dieux,
Lorsqu'ils verront là-haut que mon labeur paisible
N'aura plus le loisir de les servir au mieux ?
L'homme reste le jouet de Flux qui le percutent,
Quand d'ores et déjà, j'épie, par les bois nus,
Celui dont le zigzag ardent électrocute
Ces jours où pointe, hargneux, Orage au coin des nues!

Toi qui lis calmement ces vers sans te fâcher,
Acquiesçant à ce fait qu'ils ne sont point blasphèmes,
Sache enfin, mon ami, que je n'aurais aimé
L'existence qu'au prix où rien ne vaut qu'on l'aime !



LE GRAND PARDON



Dans les champs de coton en ces temps se chantaient,
D'un seul et même Chœur, de poignantes paroles,
Mais les "patrons" sans cœur d'une Louisiane folle
Ces chants à l'unisson par la mort châtiaient !

La machette à la main, si d'aucuns là priaient
Pour leur femme abusée d'un maître de maison,
Pourtant tous fredonnaient, dès l'aube, ces chansons
Au fragile destin par la brise emporté...

Aujourd'hui notre Histoire, honteuse d'elle-même,
Occulte ces années, que son livre n'épanche,
Où la traite du "noir", après celle des "blanches",
D’opprobres sertissait l'Europe en son diadème !

Sous un soleil de plomb, coupant la canne à sucre,
Nous jouions, l'âme en paix, d'un peuple sans nation,
Tandis qu'à Londres l'on buvait dans les salons
Sa tasse de café, signe d'un certain lucre...

Une question pourtant, n'en déplaise à l'éthique,
Par ces mots se posant m'étreint lèvres soudain :
Qu'aviez-vous enfantés, ô race de l'Afrique,
En tant de nouveau-nés de si mornes desseins ?!

Hélas ! De nos démons, il en est un ultime
Portant cet affreux nom qui est "reconnaissance" :
Qu'importait que "Justice" ait pour allié le crime,
Du moment où le vice un traître récompense !

Or vous me rétorquez, mon ami dont l'ébène
Du visage rend beaux les traits d'une franchise,
Que, de couleur de peau, la millénaire Haine
Ne s'en targua jamais, cette mondiale crise !

Il le faut concéder puisque c'est en pleurant
Sur le triste avenir du pays de Senghor,
Qu'à la bouche un soupir, le pardon m'abaissant,
Je m'en viens, sur vos pieds, poser un baiser d'or !

Néanmoins un bémol j'appose en fin de "l'œuvre"
Pour que son "air" n'est point l'air d'être une "manœuvre" :
Au "do ré mi fa sol" de cette "bienfaisance",
De grâce, mettons fin à bien trop de souffrances !

Loin des démagogies souvent intéressées,
Oui, la "musique" aidant qu'on nomme Charité,
Affranchissons, ami, les hommes de leurs mœurs,
Avant qu'un continent entier bientôt ne meure !

Pour qu'entre tous nos maux, les procrastinations
Ne soient plus le fardeau lourd des procréations,
Endossons aujourd'hui, aube du verbe "aimer",
Ce doux et pieux habit : La Nulliparité !

Alors l'humanité, vécue par l'Harmonie,
Lorsque sa "variété" ne sera plus haïe,
Peut-être clamera, depuis un chantre unique,
Jusqu'au Ciel resté coi : "- Force Altérocentrique !

"Spiritual", "gospel" sacrés de l'Espérance,
L'Eglise Universelle est en vos résonances !"
Et comme on dansera aux travées de la Terre !
Ah ! Comme on swinguera aux sons de la Lumière !

Et comme on dansera aux travées de la Terre !
Ah ! Comme on swinguera aux sons de la Lumière !
FATALEMENT


Croyant rouler le vrai sur nos conscientes routes,
Conséquentiellement nous pensons nos déroutes
Direction l'accident...
Car la Cause, à jamais absente de nos cartes,
Raison pour seule essence et pour moteur Descartes,
Nous guide à nos dépens !

Écrasez la pédale ! Embrayez le levier !
Tournez à droite ! À gauche ! Accélérez ! Freinez !
Faites crisser vos pneus...
Un clou, qui attendait depuis votre naissance,
Vous fera mordre la bande d'arrêt d'urgence,
D'un fameux tête-à-queue !

Nous pensons tous choisir, au nom de l'intention,
Motivés par un but, une destination
D'autres se distinguant;
Hélas ! En parcourant toujours le même asphalte,
Les traces imprégnées de nos élans, nos haltes,
Vont se superposant !

Quel que soit l'acte qui concrétise l'idée
D'un idéal à vivre ou d'un ordre à penser
Voulu original,
Le faisceau en lequel nos mobiles se meuvent,
S'attristent nos regrets, nos attentes s'émeuvent,
Reste une voie banale !

Plus loin, là-bas, s'étend, au pied d'une colline,
L'immobilité saine, et dénuée d'épines,
D'un pan de fleurs et d'herbe;
S'y conduit en engin, véhicule spacieux,
Au volant sans effort d'un geste silencieux,
La Vacuité superbe !


L'ORDRE IMPLICITE



Une grenade à la main
(Non de celles qui explosent),
Dès l'aube, dans mon jardin,
Je méditais sur la "Chose";
D'une brèche que ma lèvre
Fit en croquant le doux fruit,
C'était non sans quelque fièvre
Que je m'écriais ainsi :

"- L'Univers, en tous points Multidimensionnel,
Parmi ses "cavités" sombres, c'est sûr ! Recèle
Ces "graines" qui un jour, "fruit" de la Vacuité,
Germeront en leur Ciel d'une Terre habitée !
"Atome primitif" que vit Georges Lemaître,
De "Big-bang" en "Big-Crunch", se rompre au poing de l'Être,
J'imagine avec joie, ne serait-ce qu'en rêve,
Votre éclat émailler l'Astérisme en ses grèves !

Ô arènes nébulaires !
En vos dunes sidérales,
Quand, par vagues de lumière,
Boit le sable des étoiles
Ces courants dont l'Harmonie
Regorge en flux perpétuels,
Mille mondes se noient qui
En voient naître des kyrielles !

Spirale dont les flots, de revifs en déchets,
Suivent l'injonction d'une double marée
Obéissant aux rais de cette "lune" étrange
Qui, une nuit, se dore et l'autre se fait fange,
Oui désormais je songe, en mes soirs maladifs,
Poudres d'or parsemées entre deux noirs récifs,
Aux remous incessants de ces immenses Mers
"Faisant" et "défaisant" les Systèmes Stellaires !"

Ce matin-là était comme,
Cosmogonique verger,
Un hommage à David Bohm
Rendu sous un balaustier,
Et le chant d'un rossignol,
Sans vraiment qu'on l'y invite,
Arpégeait et "si" et "sol"
Soudain de l'Ordre Implicite !
HERÔON ÉDIFIÉ A LA GLOIRE DE JANTEL

(D'après le tableau « Monument à la Gloire de Goethe » De Carl Gustav Carus)


D’un tombeau trônant dans le ciel,
Ce que l'on croit être la pierre,
Se trouve être en fait le dur fiel
Que sa mort inspire à ma chair.
Est-elle rouge d'un porphyre
Cordes figées, bel instrument
Louant la Vie, son humble lyre,
Comme elle est fondée dans mon sang ?

Voyez ces anges, les gardiens
Qui prient, à genoux, sur son âme :
La peau et les os qui sont miens
En édifièrent chaque gramme !
Sa dalle n’eut pas pour carrière
Ni Pentélique, ni Carrare,
Mais fut taillée dans mes viscères
Dont lui fit don mon désespoir !

Ô douleur ! Cisèle en burin
Du cénotaphe les contours
En y sculptant, art corinthien,
Colonnes, frises de l'Amour !
Et toi, ô Foi ! Brisant démence,
De tes monts mus du crépuscule,
Fais donc barrage aux brumes denses
Que sue l'émoi de mes cellules !

Mes pleurs s'épanchent en des nues
Depuis l'orbe de mon œil morne
Qui de sa lune, pâle et nue,
Brille d'une affliction sans borne;
Ô les sapins de ma tendresse
Buvant la chute de l'Espoir,
Mendiez, aux vents de l'allégresse,
Le songe d'un ultime soir !
JEUX D'EAU



Ploc ! Ploc ! Ploc !...
Quelque Eau choque,
En surface,
Autre Espace,
Quand voilà que s'agite,
Et que tangue, et que gîte,
L'ondoiement exquis
D'une Galaxie !

Comme autour,
Tour à tour
En kyrielles,
Vectorielles,
Déferlent, qui l'agressent,
Ces vagues dont la "presse"
Sourd de tous cotés,
Milieu agité !

Or ces Forces
Qui s'efforcent,
De leurs flux
Absolus,
A ne point briser l'Onde
Provisoire des Mondes,
Ô fontaine belle,
Un Dieu les muselle !

Car bientôt,
Dans ces flots,
L'aérien
Bec d'airain
Versera, fluides bombes,
Ces jets crachés en trombes
Depuis l'âpre bouche
D'un Sylvain qui louche.

Lors des hordes,
Qui débordent,
"D'Orion"
En fusion,
Rejoindront, de leur ciel,
L'horizon en margelle,
Glissant sur la pierre
Des "noirs" Univers;

Goutte-à-goutte
Que déroutent,
Maintes fois,
Les effrois
D'un Cycle immarcescible,
Dont la source invisible
Sait qu'en ses "Eaux" sombres
Bien des Terres sombrent...
LE COMPLEXE DE BABINET


Après que l'assemblée a hélé l'Autre Monde,
II était là, perché - depuis quelques secondes
Déjà - le séant sur le sombre guéridon
Qui flottait dans les airs, crâne lévitation !
« La chose » suspendue refusait de descendre
Vers ces mortels montrant une face gris cendre
Face au surnaturel qui s'en venait briser
Les lois de la matière auguste vénérées...

Il était là, assis à un mètre du sol.
On attendit soudain siffler un rossignol
Dans la pièce atterrée par autant de mystère,
Où nul ne demanda d'où sourdait le cri clair
Et perçant qui venait de nulle part éclore.

Le silence sonnait, plus que mille et un cors,
La défaite acceptée de l'humaine raison.
La séance de table avait dressé un pont
Entre tout ce qui passe et tout ce qui demeure.
On entendait, très haut, très fort, battre les cœurs.

Bouche bée, les fronts blancs n’avaient plus rien de rose;
Les regards hébétés, les visages moroses
Acquiesçaient au naufrage insensé de la science.
Échouait le navire imbu des connaissances.
Tous se taisaient, conscients qu’ils n'étaient plus rien
Devant la suspension d'un meuble aérien
S’approchant peu à peu, sans peine, d’un plafond
Que paraissait priser sa destination.

Comme si sur son dos avait une humble puce
Soulevé brusquement l’ours brun des steppes russes,
Le réel se riait du sérieux en ses pompes
Dont s’engraisse l’orgueil qui jamais ne s’estompe !

Un bras de fer nouait le trivial et l’étrange.

On ne convoite un lieu réservé seuls aux anges
Ainsi ! Quelles sont donc ces manières ! De quel
Droit se moquerait-on des choses du ciel !

Des spirites voulaient une preuve de plus
Que le quotidien confine à l’absolu :
Ils l'eurent ce soir-là où voulut s'illustrer,
Physicien reconnu, le sage Babinet !
Lui qui, furieux de voir s'envoler le mobile
Comme vers le grand lustre attiré par un fil,
Jugea bonne l'idée de sauter sur la table
Afin que, sous son poids de chair et d'os, masse notable,
Elle regagna très vite, en cet instant éclair,
De bien mobilier, sa fonction première !

Mais la table flottait toujours, bois immobile,
Telle une noire nue au sein d'un ciel d'avril.

Et le groupe assistait au triomphe avéré,
Sur le savoir humain, d'un bien banal objet !

Aussi, d'un geste brusque, acte désespéré,
II sauta de la table, un peu exaspéré
De voir que son corps lourd, non, ne modifiait pas
Ce qu’il n'identifiait dans aucun des états
Connus jusqu'à présent par voie d'expérience...
Babinet sauta donc - non sans quelque élégance -
De cet objet volant mais fort identifié,
Cette chose sans âme, inertie attestée,
Qui venait d'humilier sa tentative vaine;
L'atome avait dompté l'érudition hautaine.

Ses deux pieds à présent s'accolaient au parterre.
Or Jacques Babinet ne se laissa pas faire,
Criant à l'assistance, encore sous le choc :
« Jamais, ô non jamais ! folie dont je me moque,
Vous ne me ferez croire à de pareilles choses !
»
II n’argumenta pas son propos d'autres proses;

Puis il claqua la porte en guise d'adieu.
On ne le revit plus jamais dans ces lieux.

D'hier à aujourd'hui, se fit combien de fois
La preuve ressassée de la mauvaise foi ?
VERVE OCÉANE




Les Vides (1), par "vagues",
Génèrent de vagues
Mondes qui "écument"
Mais que tôt consument
Ces "vents" (2) qui dévalent,
Et dont les rafales
Font que s'évaporent
Mille étoiles d'or
Dans l'azur vermeil
De Dieu, seul soleil...

C'est que tout "Néant",
Lucide océan,
Sans fin amalgame,
Entre "flots" et "flammes",
La dive matière
Dont se "décohére"
Le "statut" d'Espace
Qui paraît, puis passe
Pour, s'évanouissant,
Se fondre en le Temps...

"Paquets d'énergie",
Tout en synergie,
Qu'une Onde simule
En ses particules,
Quand leur "choc" actionne,
Qui là tourbillonne,
Tout un équilibre
De quanta lors libre
D'être gaspillés
Ou bien éprouvés...

Vaguelettes, houles,
Huiles, lames roulent
Aux "Mers d'Absolu"
Dont le sein fluctue !
Elles qui font naître,
Par différents êtres,
De berceaux hors norme,
Couleurs, sons et formes
Que voguent sans cesse
D'instables vitesses !

Or demain verra
Ces énormes "Raz
De marée" qui dansent,
De leur fluide dense,
Le bal d'un carnage
Prévu pour nos "plages":
Pourquoi et comment,
Où, quoi et qui, quand,
Demeurent questions
D'austères Pressions !


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1) Vides en tant qu’Espaces Vides.
2) Vents stellaires.

ODE A UNE FILLE DE CHAM


Ô Dieu ce qu'elle est noire et Dieu ce qu'elle est belle !
Dès lors qu'on lui ôtait la moitié de ses touches,
Mon cœur est un piano que nulle main ne touche
Et qui tait son concert de louanges pour Elle !
Mon clavier a perdu son lot de notes sombres !
Du Mystère les sons n'écloront plus jamais !
Ma partition d'émois vient d'égarer ses clefs !
La porte d'Harmonie s'est refermée dans l'ombre !
Je n'apposerai plus de « bémol » à la chose;
J'aspirerai, sans « dièse », à ce que tout soit « blanc »;
L'instrument de mes joies jouant faux à présent,
Où s'éterniseront mes soupirs et mes pauses,
J'irai me jeter droit au cœur d'un précipice,
Et achever d'un cri le chant de mon supplice.
ELLE



Elle est mon Ciel
Fiduciel.

Pour qui je souffre
La Dame Gouffre;
Sa rude lèvre
Ma bouche enfièvre !
A ses oreilles
L'or est soleils;
Son doux sourire
Fit Altaïr !

Offrant le lait
Des Voies Lactées,
Son sein halète
Bébé planète !
De ses grands Yeux
Fronçant des Cieux,
Qu'un pleur vient choir,
Naît le Trou noir !

Ses pas font, libres,
En l'Equilibre,
La marche éclair
Des Univers !
Déploient ses hanches (1)
Des naines blanches,
Et de sa course
Sourd la Grand Ourse !

Là, sur sa main,
Le genre humain
Verra son terme
Dans un poing ferme !
Qu'importe ! Elle danse
Et d'un doigt lance,
Sans l'aide d'œuf,
Des Mondes neufs !

Elle qui Est
La Vacuité.

___________________________


1) Inspiré du Texte du 24 novembre 2006, par SERPENTIN

H20 N'EST PAS EAU


Loin des liquides
Coulant à flots,
Sont en le Vide
Ces formes d'Eau
Qu'aucune mer,
Nul océan,
Jamais n'enserre
Dans ses courants...

Qu'il soit la flaque
Qui croupit, glauque,
Ou bien le lac
Berceur de coques,
L'enlève un jour
L'aile des vents
Pour qui Amour
Est Mouvement !

Devient ce fluide
Quelque vapeur
Pour que d'arides
Terres d'ailleurs
Soient arrosées
D'humides pluies,
Quand la rosée
Plus ne suffit...

Parfois le froid
Glace la sœur
Du feu qui, coi,
Voit sa consœur
Cristalliser,
Loin des Marquises
Baignées de rais,
Force banquises !

Or ces États
De la matière
Dont tant débat
La science fière,
N'empêchent pas
Que l’Élément,
De l'ici-bas,
Fût mis au ban !

Brûle l'atome,
Rayon vermeil,
Nommé hélium,
Sur les soleils;
Néanmoins sue
Leur bouillant front
D'une inconnue
Transpiration !

Immatérielle
A l'Origine,
Force essentielle,
Manne divine,
Perle partout
Dans l'Univers,
Ô rêve fou,
L'Onde aquifère !

Ami savant !
Quitte ta chaire
De doctorant
Qu'on paye cher !
Et va le soir,
Sur quelque dune,
Simplement voir
Briller la lune...
A VAU-L'EAU



Tombe une lourde pluie...De légers flocons chutent...
Fond le monstre névé en petits froids ruisseaux...
La fine vapeur fuit d'énormes packs de floes...
Vois combien, mon ami, dans ce monde, l'eau mute !
Mais, d'un fond s'exilant de la forme qui fige
L'élément devenu plus concret à nos sens,
Accepte que se meuve, ailleurs qu'en l'existence,
Ce Flot nommé la Vie, ineffable vertige !
Après macérations Origène le vit;
Ainsi que Ptolémée par ses célestes sphères;
D'autres en témoignaient de multiples manières.
L'Onde reste éternelle et ne se modifie;
Sa définition est Diaphanéité;
Seul l'Esprit en a soif et peut s'y étancher.
PORTE-BONHEUR


En songe, je voyais marcher un doux Géant
Qui allongeait le pas d'une humaine cigogne,
Échassier de Génie que bannit, sans vergogne,
Le Peuple des Nabots s'étant cru Grandes Gens;
Et combien j'enviais ce Goliath de l'Amour
Qui, non, n'osa jamais toucher un seul cheveu,
Sous sa fronde d'orgueil, du David envieux
Rêvant aux trônes d'or qu'on hisse en haut des tours !
A ma dimension fidèle, et l'âme émue,
Je l'admirais filer comme un bolide en feu !
Oui, je m'extasiais du cas miraculeux
Quand d'en bas, alarmé par la cible entrevue,
Je tressaillis soudain d'entrevoir qu'une de
Ses deux longues foulées, frappant le sol des hommes,
Qui fonçait sur ma face, à vive allure, en somme,
Allait faire ce bruit que sait créer, hideux,
L'excrément qu'on écrase avec un dur soulier...
Alors, en m'excusant, après avoir dit "crotte !",
Je m'assurai enfin que ma personne sotte
S'en fut bien écrasée via le gauche pied...


L'ORIGINE DU MONDE

J'étais face au tableau de Gustave Courbet :
"L'Origine Du Monde", à peine à quelques pas;
Un silence planait dans le musée d'Orsay.
La toile semblait luire, indescriptible aura...
Puis une brise vint, jaillie on ne sait d'où,
Effleurer mon visage et frôler mes genoux;
Je me sentais faillir depuis la tête aux pieds,
Pris d'un vertige fou, en proie à des nausées...

Le courant d’air, hélas, ne cessait toujours pas;
Puis, métamorphosé en un mini-cyclone,
Voila qu’il me happa comme le vent d’automne
Souffle une feuille morte égarée dans les bois !


- "Si la farce des dieux un jour créa Jupin,
Pourquoi cesserait-elle encor de nous mouvoir ?"
C'est ainsi, sans pouvoir là rebrousser chemin
(Car étant capturé comme dans un trou noir),
Qu'en ces termes confus s'exprima ma déroute,
Me sentant aussitôt, ne laissant place au doute,
Être le prisonnier, sans liens ni fers pour maux,
Du mont "dit" de Vénus, provisoire cachot !

A la vitesse au moins de l'astrale Lumière,
Je traversais les nues, projectile apeuré !
C'était sans crainte ensuite, aux lieux accoutumé,
Que je pus visiter les Mondes, d'un éclair !

Depuis l'astéroïde aux filantes comètes,
Les pluies renouvelées sans fin des perséides,
C'était toujours, partout, de poussière en planète,
Volume après volume, un Vide avant un Vide !
Omnidirectionnels, multidimensionnels,
Des Univers sans bord de Terres et de Ciels,
De soleils nouveau-nés, d'étoiles moribondes
Dont l'Espace et le Temps en tous les sens abondent !

Au berceau du Cosmos, des "mères Pressions"
D'astres bébés tétant le sein de nébuleuses
Se muant par la suite en d'âpres fossoyeuses
Inhumant, dans un gouffre, un globe à l'abandon !

Mais de la naine noire à la géante rouge,
Nulle part, nulle trace, en ces Cosmogonies,
D'un homme et d'une femme, ainsi qu'en d'affreux bouges,
Ayant créé Vesper (1), de vils ébats le fruit !
(…) Puis je me réveillais, sous d'immenses colonnes,
Dans une cathédrale ! Oh ! Plus rien ne m'étonne.
Qui entendre saura, sans que l'on ne s'en vexe,
Que se lovent, autour de nous, force Vortex ?

" - Vie ou mode de vie, telle est donc la question !"
Hamlet désespéré d'un bien triste retour,
Tout seul, je me parlais, conscient qu'un autre Amour
Est, très loin de celui que vêt une notion.

________________________________________


(1) La planète Vénus.
POEME A UNE IMPIE


"Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !"

Alfred de Vigny (La Mort Du Loup, III, Les Destinées).




Je partirai vraiment heureux de ce monde où
Sur l’État la fonction, la forme sur le Fond,
Ont toujours pris le pas au gré de ce "goudron"
Qui, nos routes couvrant, en cachent les égouts !
Clame le plus souvent, sur du faux fait "bitume",
Qu'un animal en soi ne vaut que pour sa "carne",
L'arbre par son papier, quelque ciment la marne,
Notre philosophie qui roule à travers brume !
L'échec étant le nôtre, au cogito échu,
De ne pouvoir jamais situer l'Intelligence
Loin de tout intellect, vaniteuse science !
L'homme décrie l'Instinct, esprit jugé déchu !
Qu'il me soit donc permis, fuyant l'antique coulpe,
De renaître un beau jour sous les traits nus d'un poulpe !

ET LE VIEIL HOMME ENTRA...



D'après une scène d'anthologie du film Ben-Hur (De William Wyler).



Et le vieil homme entra, passant le sombre porche.
Au fond de l'atelier brûlait seule une torche;
Le tumulte filtrait au travers de la porte;
Au dehors, paradaient les romaines cohortes...

- "Tu ne regardes pas les romains ?", lui dit l'homme,
Contrit du fait de voir que Joseph œuvrait comme
Dix forçats sous le joug d'un gros et pesant coutre,
A tailler à la hache une imposante poutre.

Quand Joseph répondit : "- est-ce la fois première
Que l'on voit des romains ?
– "Certes, avoua l'austère
Voix qui parlait si haut qu'on aurait cru Stentor,
Comme hélas ! Il est vrai qu'on en verra encore !
Mais je vois que ma table, inachevée toujours,
Devra longtemps attendre avant de voir le jour
?
Le rabot peine à rendre enfin la planche lisse !
Elle n'est donc finie ? Or où diable est ton fils ?

Dans quel mol lit douillet ta propre chair se vautre ?"

- "Il est sur la colline..." alors riposta l'autre,
Calme, et continuant son labeur effréné...
- "Hum...Hum...Mon cher ami, il me faut te confier :
Quoique d'un jeune adulte il en a gagné l'âge,
Oui, ton unique enfant néglige son ouvrage !
"
Le silence à présent régnait sur Nazareth.

Puis, le père ému, qui équarrissait l'arête
De la pièce en pin noir, toute hérissée d'échardes,
Répliqua : "- De mentir qu'à jamais Dieu me garde !
Vieillard ! Sache qu'un jour où je lui reprochais
De délaisser sa tâche en quittant l'atelier, 
Il m'objecta soudain, sans aucune colère,
Devoir s'occuper des affaires de son Père !
"

Une vive lueur dans son regard brillait.
- "Adonc, pourquoi n'est-il pas là, à travailler ?"
Finit par protester, hagard, le patriarche.

- "Il travaille...Là-bas !" rétorqua, près de l'arche
De bois qui, sous un toit, demain, sera solive,
L'humble charpentier, en humectant de salive
Ses deux paumes, pour mieux braver la dure éclisse.

Vers l'horizon, marchait, sous un soleil complice,
Tunique la vêtant, un cordon pour ceinture,
Sandales aux pieds, flottante chevelure,
Une ombre vue de dos allant devers l'humain
Évoquer un Amour resté sans lendemain.


RONSARD REVISITE OU SONNET DE L’HOMME MACHINE




(D'après Ronsard Sonnet LXXXIII)
.



La Lumière et l’Eau, de l’Être en sa machine

Sont les poids d’Univers dont mon âme exaltée

Soulève, en exerçant une contre poussée,

L’Ambiante Pression qui courbe toute échine…


Volumes, Vide, effets, Cause, fins, Origine

Doivent leur consistance à ces deux fondements

Auxquels, athlète fou, l’homme en son mouvement

Se confronte en un corps-à-corps, lutte divine !


Rien n’existe, ni n’est en dehors de ces fontes

D’or dont l’Énergie rend le combat inégal

Pour le cerveau humain que muscle l’Idéal.


Mon sang, ce flot de feu, entre gloriole et honte,

Ne cesse d’osciller, en jumeau de l’haltère,

Des sueurs de la joie aux larmes des calvaires !
POÈME A UNE SÉDUCTRICE


Femme n'est-elle fleur résolument divine ?
Or vois-tu, pour ma part, patiemment, je butine,
Au "jardin" d'Absolu, ce "nectar" d'un Ailleurs
Qui rendra demain l'homme, espérons-le, meilleur !
"Corolles" ce ne sont dont les fragrances roulent
Et dupent nos esprits en enivrant des foules
De gens qui croient, hélas ! qu'en le vocable amour
Concupiscence et joie s'harmonisent toujours;
Non, "calice" ce n'est de marcescente chair
Qui soûle ma vertu, abeille que Lumière
Sait guider vers ce "miel" qu'un "suc" héliochimique
Distille dans mon cœur, "ruche" d’une autre Éthique !
Coule en moi ce Sang d'or qu'en flots de vitamines
Par mes veines répand quelque "Foi étamine" .

PANGEE ET TETHYS



Il était jadis
Pangée et Téthys :
L'unique océan
D'un seul continent...
Lumière, Eau, Feu, Glace,
Dont le "Temps" abonde,
Sécrétant "l'Espace",
Ont créé ce monde !

Mais lorsque "l'amour"
Rompit "l'être" pour
Qu'un faux sentiment
Fragmente "l'Instant",
Le vil couple à bord
Lâchait les amarres
De pays épars
En quête d'un port;

Inventant ainsi,
Nos coupables mœurs
Éprises du "cœur",
Les mythologies
Qui, au nom d'un dieu,
Justifiaient le pacte
Amoureux dont l'acte
Nous rendait honteux !

Quand, par maints séismes,
Le "Mutationnisme",
En plissant l'écorce,
Modifia ces forces
Qui font qu'un relief
Gratifie "griefs"
Du suprême Don
De ses surrections  !


Hélas ! "mal" et "bien"
Ouvrirent la porte
Aux veules cohortes
Des jugements vains
Qui, scellant de "fiel"
Notre "Mémoriel",
Fit croire à des vies
Sauvées ou bannies…

" - Pas de "salvation"!
Point de "damnation"! "
Récrient tous pourtant
En chœur, les volcans,
A ces ombres d'hommes
Fuyant loin les laves
Que leur bouche bave
En jets ignivomes.

Oh ! De par le "geste",
Qui dire saura,
Où se manifeste
Tant rare, la Foi,
Ce qu'il adviendrait
Si une âme offrait
Son corps à ces "gouffres"
Bouillonnant de soufre ?

Ceux-ci le connurent,
Qu'on tint pour "Atlantes",
Ces Races qui furent
Là "déliquescentes"
Dans ces puits de feu
Qu’enserre en ses creux,
De Nife en Sima,
La ronde Gaïa !

Qu'il vienne, l'Amour,
Ruiner l'être pour,
Qu'en assentiment,
S'intègre à l'Instant
Celui qui, à tort,
Quitta le bollard
Du "Pays" sans parts (1)
Qu'on nomme la Mort !

Jadis il était
Téthys et Pangée:
Continent unique
D'un flot féerique...
Feu, Lumière, Eau, Glace,
Qui déjà débondent,
Décrétant "disgrâce",
Dé-créeront le monde !

_______________________________________



(1) Part : Nouveau-né.
POEME POUR UNE DESTINEE

Ce poème retrace par avance le jour qui demeurera à jamais, et de très loin je pense, le plus dur de toute mon insignifiante existence.




Quand Jantel, en comète, ira illuminer
Ces Espaces épars qu’on croit inhabités,
Tréfonds « d’Univers noirs » (1) qu’on pense être pénombres
Tandis qu’à côté d’eux les soleils ne sont qu’ombre;
Lorsqu'il s'en viendra clore, en son livre fatal,
D'un point qui s’évanouit le chapitre final,
Moi, l'orphelin terrible, hagard, désespéré,
Ce Halley d'infortune au triomphe exilé,
J'aurai perdu ce que j'aimais le plus au monde  !

Dès lors, sachant que parfois brise, entre le Flux et l’Onde,
Quelque existence, élue du berceau à la fosse,
La Loi des Cycles qui embrasse tout Cosmos,
Je criairai qu'il me faut lever là-haut mes voiles !

Puis, un dernier regard jeté vers les étoiles,
L’âme offerte au suicide, au bord du sombre Gouffre,
Moi, souffrant plus que ceux croyant vraiment qu’ils souffrent,
Je dirai simplement (en pleurant, je le crois) :

« Voilà bien un flambeau qui ne reviendra pas ! »

________________________________________

(1) Espaces Vides.

LE VOYAGE


« La Terre, en tant que planète, subissant la « pression » du système stellaire dont elle est membre, s’éloignera de l’astre solaire, se figeant, se glaçant puis explosant pour se « météoriser ». Votre existence, alors, se situera selon la « Vérité originelle » comme le Père l’aura décidée ». (Karzenstein, Texte de Mars 1983).




Épuisé par mes longues marches,
Au pied d'un val dressant en "arche"
Sa blanche coque de calcaire...

Quelques nues pour "tes" voiles claires,
Seule une chênaie centenaire
Gréant "tes" mâts, ô toi la Terre !

Où, allongé près d'une source,
Je ne tiendrai, sous la Grande Ourse,
Qu'une simple brindille en main,

Frêle étambot de "ton" destin...

Sculptant par la pensée la pierre,
Je t'offrirai, en la "Nuit mer",
Pour fière figure de proue,

Buste racée, visage doux,
Une noble effigie d'Orphée,
Lyre brandie en bouclier

Brisant les cosmiques poussières,
Cheveux bravant les vents solaires
Près des poulies et des cordages

Tendus du forestier branchage...


"Poisson Volant", "Poisson Austral"
Sertis d'écailles sidérales;
"Dorade", "Baleine", "Dauphin"

Dont Dieu a fait couvrir d'or fin
Les photophores téguments;
"Oiseau de Paradis", "Toucan",

Près d'une fictive vigie
Éprise ardemment d'Infini,
T'escorteront en ce voyage

D'une planète qu'on naufrage...

Subissant les "pressions" suprêmes
De notre Stellaire Système;
Boutée d'Hélios aux Flux ardents

En te figeant, puis te glaçant,
Pour voir "ta" carène explosée
Venir se météoriser,

Ainsi qu’une épave qui plonge
Au sein du royaume des songes,
"Ta" morte étrave sombrera

Dans l'abysse d'un...Au-delà !

Équipage à nouveau en longue quarantaine,
Marins dont l'Univers reste le capitaine,
Quand dans un golfe inouï, baigné de nouveaux Ciels,
Nous jetterons notre ancre en tout autre "Archipel" !

Équipage à nouveau en longue quarantaine,
Marins dont l'Univers reste le capitaine,
Lorsque éclairé des feux d'étoiles pris pour phares,
D'un tout autre Support se liera notre amarre !


CANIS MINOR


Plus laid qu'un chien que tous délaissent,

Cabot fidèle au terne éclat,

Quand le maître, soudain sans voix,

L'Amour en main telle une laisse,

Lâchera d’un geste échappé

L’emprise d’une union sublime;


Quand finira ses jours ultimes,

Loin d’un visage énamouré,

L'humble rebut à quatre pattes;


Sans sa balle, son os à moelle,

Caresses absentes d'un poil

Portant de puces les stigmates,

Il lui faudra tôt se coucher

Sous la pluie, le vent puis la neige,

Et prier que la nuit abrège


Une détresse inconsolée.
COMPLAINTE D'UN FILS AIMANT (Ou chant d’un schizophrène)



Enfant à tout jamais d'un rêve d'horizon

Dont ne pourrait jouir l'astronome aux yeux caves,
Par tous temps, je médite, en des secrètes caves,
Une étoile éperdue au fond de ma raison.
En mon cerveau songeur, cosmogonique effroi,
Je compose, un à un, ces puzzles d'Univers
Où se croisent les Flux, mi-ombre, mi-lumière,
Des Vérités fuyant le monde d'ici-bas...
Est-ce ma faute, à moi, si, parmi le vulgaire,
Je perçois cette trame, aux Infinis sublimes,
Qui fait et qui défait les globes de l'Abîme ?
Se dérobe à mes pieds le sol de cette Terre
Pièce après pièce, hélas ! quand j'emporte avec moi
De ma tant aimée mère, un portrait plein d'éclats !
L'EURYTHMIE DU DEMON



I


Belzébuth, chorégraphe à ses heures perdues,

Amateur d'eurythmie lorsqu'il n'est pas cruel,

Exécutait le pas d'une danse éperdue,

Et je le regardais lever la main au ciel...


Sa paume décrivit une lune à moitié

Quand sa bouche exposait deux canines à peine :

"Maître ! il est temps ! Dit-il, que s'en vienne étouffer

Sous l'oreiller des nues une pression soudaine

Ce dormeur dont le front, essaimant d'affreux rêves,

Étreindra l’Élément par de-là toutes grèves !
"


II


Puis, enroulant ses bras comme deux tentacules,

II jeta devant lui une spirale immense

Où d'innombrables feux s'étoilaient, minuscules...

Et d'une mâle voix cria, plein de défiance :


"Mus par les rotations de notre galaxie,

Puissent en conjonction, les Systèmes Stellaires,

Du Vide libérer les puissances inouïes !

Bâillent, au fond des mers, tant et tant de cratères :

Les fers bientôt rompus des chaînes océanes,

Les banquises fondront sous les laves insanes !"



III


Là des billes d'acier, sortant de son nombril,

Se mirent à errer en de vertes pénombres,

Tel un sorcier vaudou, pris d'une transe vile,

II ricanait : "Amok ! Que n'éclaires-tu l'Ombre ?"


En des perles d'argent rutilant devant lui,

Le chapelet grossit en d'énormes galots :

C'étaient des amas qui roulaient en harmonie

L'Amitié sidérale en ses milliards d'anneaux;

Des boules d'or brillaient au centre d'autres noires,

- C'était une magie épouvantable à voir !


IV


Or il cambra ses reins en d'âpres crispations;

Insatiable toupie, sa carcasse sans graisse

Amorçait un tango horrible à sa façon :

" Revenons à Stagire où par l'antique Grèce


L'on vit un fabuleux destin réinventer

Le calcul chaldéen des hautes ziggourats !"


Étalon s'ébrouant, ses narines fumaient !

Mais les boules soudain devinrent écarlates,

Boulets incandescents, puis, toutes à la fois,

Des bulles de savon lorsqu'il claqua des doigts !


V


Et il cracha à terre, adolescent rebelle...

Un autre claquement de sa longue phalange

Fit alors éclater les concrétions virtuelles

Dignes de sa chimie déchue d'ancien Archange !


Il exultait : "Soleils et planètes formés

Des graillons nébuleux qu’expectora un jour

Un gouffre ouvrant sa gueule où de la nuit bavait !

 Ô glaires renâclées ! Ô crachats semés pour

Souiller l’arche des Temps aux diaphanes solives :

Contemplez votre sort d'éphémères salives !"



VI


Il semblait désormais délirer dans un songe

Où la réalité en brumes défilait.

Sa queue balayant l'air trahissait le mensonge

Et ses cornes en pointe une habilité vraie


A masquer ses sorties de trompeuses impasses;

Ce n'était qu'un enfant, ce diable d'opérette !

" Ô l'abracadabra ayant fait naître "Espace"

Plus laid que du vieux claque un lapin à lunette !"


Et il riait, riait en mimant un babouin

Qui grimace à souhait et tape dans ses mains...


VII


Faisant mine de boire en une creuse coupe

Une décoction comme un Champagne fin,

II jeta dans son dos cette mauvaise soupe

Que lécherait, peut-être, en laisse, un de ses chiens...


"Ô mon Maître, ô Seigneur ! Comme un de tes disciples,

 En cette incantation le dernier des adieux :

Guide des Odyssées, Phare des longs Périples,

Je t'honore, Infini ! Éternité ! Ô Dieu !"


Il signa en mictions de feu son nom par terre.

- Nous étions, lui et moi, bel et bien en enfer !


VIII


Sur ces genoux saillants, concluant le propos,

Il brisa, d'un coup sec, en deux, sa canne dure

Sur laquelle on pouvait, à son triste pommeau,

Les initiales lire, en fines ciselures,


Près d'un chiffre fameux, du Prince Belzébuth...

Et son bras vigoureux, maltraitant l'un des restes,

Forgea un sombre objet qu'il incurva en U :

C'était un boomerang ! Et d'un habile geste,

L'engin très spécial en quête d'une cible

Vola en direction de l’Être inaccessible...


HELAS



D'une vague à une autre : impossibilité,

Pour chacun d'entre nous, de ne pas osciller...

Tangue et roule la nef de nos géométries

Sur ces Divines Mers que recèle la Vie;

L'extrême cap masquant un autre cap extrême,

Après avoir haï, l'on se dit que l'on aime,

Mais de "bonne espérance" ou sis en "l'île d'Horn",

Deux formes de malheurs dressent l'humaine borne.

En d'autres temps ainsi les armées d'Hannibal,

Bien plus féroces que des tribus cannibales,

Devinrent en Capoue une "engeance" à divan !

De Charybde en Scylla erre notre tourment,

Et qui recherche en vain les "Jardins des Délices"

Se voit pousser au front des épines complices.
DE HARMONIA MUNDI

« Si la vitesse de la Lumière était constante, il n’y aurait pas de variation(s) dans les formes. » Magloow secondé par Zilder, 26 Novembre 1998.

« Couleurs, sons et formes n’existai[en]t dans leur diversité qu’en raison de la variation de la vitesse de la Lumière qui, ainsi que vous l’aurez déduit, ne configure rien d’autre que la vitesse des Flux Directionnels. » Karzenstein, 23 Juin 1999.


I

L'oiseau chante sa mélopée;
Mais n'est pas rossignol qui veut :
Crie la pie !
Sons, Couleurs, Formes non jamais
Ne semblent pareils en leurs cieux
Infinis !

Le ciel rougeoyait tout à l'heure,
Déjà il bleuit et bientôt,
Gris sera !
En ce chant libre où un "sol" pleure,
Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do,
Rit le "la" !

II

Contemple l'étang dont la robe
Change d'aspect, de verte à noire,
Lorsqu'il fume !
De la nuée menue de l'aube
Qui créa l'orage du soir
Naît la brume !

Que dire donc du nymphéa
Qui par les nuits ouvre sa fleur
Sur l'eau glauque ?
Diffuse, en de pâles éclats,
Séléné ses molles lueurs
Sans grand "choc"...

III

Le crépuscule clôt le jour,
Est-il en lui les mêmes forces
Qu'à midi,
Quand son soleil, rond "abat-jour",
Fait des arbres bomber le torse,
Fiers "Ι" ..?

La lune aujourd'hui décroissante
Laisse briller au loin Orion
Sur un orme...
- Si sa vitesse était constante,
Il n'y aurait de variation(s)
Dans les formes !

IV

Lumière, dont les purs rayons
Varient leur(s) allure(s) selon
L'Instant mû,
Je loue votre Continuité,
Ce char que seul sait "piloter"
L'Absolu !
A LA FEMME


Ni gloire, ni amour, ni espérance est femme;
Au chaos qu'elle croit digne d’être engendré,
Se rabaisse tout cœur dont s'accroît la démence,
Comme avec le démon sombre une sainteté.

Courbé par le labeur et par l'enfantement,
L'homme sous ce poids chute en s'obscurcissant l'âme;
Et lorsqu'il cherche Dieu dans ses égarements,
Un visage dévie son œil qui trop s'enflamme.

Dans ce siècle d'airain reconnaissance est norme :
De ne jamais l'attendre il faut bien accepter.
Et la règle est de mise, au sujet de la forme,
Qui clame sédition où règne la beauté !
LES GECKOS


Sordide discussion d’un dîner en terrasse…

Le regard au plafond, d’une prunelle lasse,
Rêveur, j'y contemplais, une main sur la tempe,
Un vol d'insectes qui, tout autour de la lampe,
S’agitait en nuées d’ailes désordonnées;
"- De notre condition qu'on sait désespérée
Me dis-je, ô la parfaite et triste illustration
Que ne saurait saisir mon pâle amphitryon !"

Le nuage grouillant, excité par les joules,
Venait se consumer sur la fatale ampoule.

 D'un repas exécrable ainsi je m'évadai

Quand tout à coup, tapis dans l’ombre mordorée,
Avançaient, pas à pas, accrochés tout là-haut,
Pupilles enflammées, un par un, des geckos
Marchant, la tête en bas, leur sombre reptation
Comme à peine montait la lune à l’horizon.

Comment ne pas sourire à la vision d’effroi ?

Les langues capturaient une foison de proies !
Las de la discussion qui m’ennuyait beaucoup,
J’échappais un instant au funeste bagout,
Imaginant dès lors que d’autres Créatures
Hantaient l'air ambiant, passants d'entre-les-murs !
 Ni les épaisses nues qui grouillaient de moustiques,
 Ni les bruits que faisaient nos dires pathétiques
Ne paraissaient gêner ces reptiles humains
Dont les chairs, parmi nous, se frayaient un chemin;
Et tandis que, fuyant des cerveaux chaque pore,
Montait un tourbillon où mille billes d'or
Brillaient plus que ne brille un collier à un cou,
Je les voyais happer, bombance peu ou prou,

Ces essaims d'éléments dont l'envol majestueux
Regagnait l'Éther pur des astres radieux !

(...)

L’heure s'en vint tardive à servir les dessert.
Siège l’évolution, trône que l’homme sert.
La nuit régnait dehors tel un monarque hautain
Qui compte ses sujets, les étoiles au loin.
Je ne m'en allais point, respect du décorum;
La tête de cochon mordait toujours sa pomme;
Joyeux anniversaire ! On arrosa de vin
L'énième année de trop jusqu'au petit matin;
Les constellations, plus ou moins alitées,
Souhaitèrent à Vénus que s'en irait border
Bientôt le drap du jour qu'un cycle renouvelle,
Des rêves le plus beau et des nuits la plus belle;

Puis l’instant arriva où, tels des météores,
Les convives, repus, fondirent dans l’aurore.

Sous le grand lustre éteint, seul assis, je restais;
Dans la pénombre inouïe qu’un blanc rayon perçait,
Signe que le soleil, en attente de l'aube,
Allait clore la nuit de son ardente robe,
Je fixais du regard, avant qu'on ne l'éclaire,
A mes dubitations un morceau d'ombre offert.

La mue investissant leurs écailles funèbres,
Je regardais partir les lézards des Ténèbres.
OUROBOROS

Comme en sortant d'un rêve,
Moïse eut ce soupir:
" - Dieu abaisse et relève,
Il fait naître et mourir...
"
Mais, dans l'esprit des hommes,
En culte d'un veau d'or...

Hiératique décret voté du haut des chaires,
De la Loi du Talion le dogme en sa chimère
Finit par imposer, parmi la jungle humaine,
Sur la table des mœurs le marteau de la haine !


"- Sachez que les premiers...
(Ainsi parlait Jésus)
Seront les derniers..."
A une foule émue,
Qui sans secret, en somme,
Au cœur convoitant corps...

Noyée de quotidien sur le radeau du vice,
Déjà d'une romaine engeance la complice,
Vit dans la croix brillante au loin sur son rocher,
Rétribuant douleurs, un cap de vénusté !


L'art médiéval figea
La roue des Destinées
Où, mécanique effroi,
Gueux déchus, rois régnaient,
Tandis qu'en maints royaumes
 Un clergé sans remord...

Maudissant l'apocryphe à coups d'autodafés,
Lisait sa messe apprise, hélas ! qui oubliait
Que Jésus, dont la "gnose" enseignait l'Infini,
Loin de tout "testament", attestait des "Re-vies" ! 


Dans nos fêtes foraines,
Tourne un orbe de feu
Qui, par bien des nuits vaines,
Éclaire une banlieue 
dans son "train fantôme"
Roule en reine la Mort...

Décalogue vraiment, Codes, n'ont point changé
Sempiternel Ixion, l'errance Humanité,
Dont la masse suffit à tourner par soi-même
L'élan d'ignominie que mille passions sèment...
ABSURDITE


Jésus ne voyait pas la foule accumulée
Depuis déjà une heure, immobile à ses pieds,
Qui se demanda là s'il respirait encore,
Tant régnait en ces lieux un silence de mort...

Lui qui savait que le « formationnel »,
Procréé à profusion,
Conduit sur-le-champ « l'Informationnel »
A choir dans la confusion !

Sa pensée se portant au loin vers l'horizon,
Sans qu'il ne murmurât prières, oraisons,
Il regardait grandir – en des proportions folles -
Les villes à venir, vaines mégalopoles.

Lui qui disait à qui voulait l'entendre
Que la vraie Vie est le Vide
Où ne naissent ces chairs qu'on voue aux « cendres »
Après bien d'amères rides !

S'étalaient devant lui ces urbanisations
Dont les siècles futurs, fiers, s'enorgueilliront
Sans n'avoir ressenti que la femme, « bréhaigne »,
Aurait du Mal ainsi achevé le vil règne...

Hélas ! Depuis David et son kinnor,
Loin des Idées actiniques,
L'homme chante, non l'Esprit, mais le corps
Par d'insipides cantiques !

Et la lèvre asséchée, le front aduste au ciel,
Sa raison assombrie, l'esprit et l'âme au fiel,
Il murmura pourtant, d'un ultime abandon,
Ce mot qu'on ne comprit : « Survolumisation... »

Lui qui entendait retentir le glas
Des Cités dont les ancêtres,
- Leurs justes occis, de pierres en croix, -
Mêlèrent « l'Être » au « paraître » !

Puis il sourit devant ces modernes « Babel »
Qui, menacées des flots de maintes nues rebelles,
Sacralisaient sa Foi, sous des dômes de marbres,
Tout en y massacrant le peuple ami des arbres !
LA LIBERTÉ CHANTÉE


I

L'oisillon, l'oiseau et l'oiselle,
A qui on amputa les ailes,
Même si leur cage s'ouvrait,
Jamais ne pourront s'envoler !

Lumpenprolétariat contre intelligentsia,
Que nous importe un rang lorsqu’en un même effroi
Le veule quotidien, qu’on soit esclave ou maître,
Derrière des barreaux condamne nos fenêtres ?

II

Bébé, papa, maman moineau,
Ayant pour béquée la misère,
Printemps, été, automne, hiver,
Ne font que siffloter le faux !

Les "saisons" de l'Errance aux profondes Mémoires
Scellées, cire amoindrie, dans un faible cerveau,
Guident notre Destin, damné dès le berceau,
Entre "pluie" et "vent" d'un ciel de désespoir !

III

Parfois pourtant un "rossignol"
Naît qui nous siffle autres romances,
Et tandis que le doute piaule,
Ses airs fredonnent l'Espérance !

L'on croit alors rêver tant la voix nous pénètre
Ces jours où sa chanson fait rimer l'Absolu,
Comme on entend soudain son verbe disparaître,
Attiré par l'Amour, dans le coton des nues !

IV

Cuillère d’argent dans la bouche,
Ou plomb dans l’aile, dès la couche,
Tour d’ivoire, taudis de tôle,
Tout être naît dans une geôle !

Jusqu'à cette aube nue où, le Vide affronté
D'un vol qui rejoindrait quelque Soleil immense,
Une âme, sans effroi, soudainement s'élance
Sur ces "rémiges" d'or dont elle avait rêvé...

V

Pleure ou bien ris, toi le poète,
De ce bas-monde, hélas ! Tu sais
Que le "miroir aux alouettes"
Sera toujours d'actualité !
LA LARME BATAVIQUE


9 Mars 1999 : « Le Mouvement est curvilinéaire » (Magloow).

« Le Mouvement de la Lumière à travers les Faisceaux Tubulaires » (Jantel).



I

Tombait un pleur ultime en cette sombre écuelle
Qui, au pied de la Croix, déborda de son vin,
Lorsqu'une lance alla se planter sous l'aisselle
Qu'abandonnait Jésus au geste de Longin...

Le centurion sans cœur, buvant à pleine gorge
Comme s'il se trouvait tout auprès d'une forge,
Sans mot dire étancha sa soif d'assassin;
  Puis la brute finit par cracher dans ses mains
Un superbe cristal, spectacle féerique,  
brillant de mille éclats, ô larme batavique !
L’ivrogne s’assoupit en insultant la plèbe
Qui enflait sous le jour tel un flot de l’Érèbe.


II

(…) Obombrant peu à peu les flancs du Golgotha,
Le soleil se couchait depuis longtemps déjà,
Et quoiqu'un vif orage ait fini d'éclater,
Du jour filtrait encore au Mont des Oliviers...

Une torpeur sans nom en l'espace pesait;
C'est alors que Longin, qui se leva d'un bond,
Pointa un doigt affreux vers le temple de Sion
Que le drap d'une brume épaisse recouvrait
Sous des rideaux de nuit au motif d'étincelles;
- "Qu'entende la raison, dit-il, ô foule coite !
Savez-vous la Lumière et la croyez-vous droite
A l'instar des cités traçant leurs parallèles ?



III

Or voyez, par-dessus la montagne funèbre,
Narguant l'heure tardive et le soir établi,
Un reste de rayons nous parvient jusqu'ici,
Tandis qu'on devrait tous errer dans les Ténèbres
!"

Fort décontenancée, la multitude sotte
Condamna le "blasphème" à peine prononcé !
Elle s'apprêtait même à condamner la faute,
Quand, dans le crépuscule au miracle étoilé,
Flottèrent tout à coup, en des vagues de feu,
Les "spectres" irisés d'aurores boréales;
Claquait aux vents maudits l'étoffe de leur "voile"
Qui hantait l'étendue lugubre des cieux.



IV

Et Longin balbutia quelque chose d'étrange :
- "Traversant, un à un, des Faisceaux Tubulaires,
Rectiligne Elle n'est, mais Curvi-linéaire
!"
Sa voix résonnait telle une parole d'ange.

Mais dès le lendemain, sans l'effet du breuvage,
Femmes, enfants mourraient juste après son passage.


__________________________


(1) Orage et autres aurores boréales survenus un long moment après la mort du Christ sont narrés dans le Texte daté de 1988 attribué à Rasmunssen.

MARCHER, C'EST PRIER



A chaque pas de plus posé sur un parterre,
C'est comme si ton cœur dévidait ce rosaire
Où l'électron se meut en perle d'un « Ave »
Le long d'heureuses mains faites plante des pieds...
Vois là quel chapelet, grains d'un subtil « Éther »,
Tout sol forme à ta marche, au gré de ses « Pater »
Qu'en maints Flux d'énergie, drainant d'informes flammes,
Le Vide, à travers rocs, inspire à ta belle âme !
Telle une humble oraison récitée par un sage,
Sans fin tu te redis qu'on n’est que de passage
Dans ce monde tombé aux mains des mutations !
Et maudissant soudain la fixe position,
Ô pèlerin profane en quête du Sacré,
Tu redoubles d'effort afin de mieux prier.
LETTRE OUVERTE A L'HUMANITE


Ô serve humanité, contemple ton image :
Ici-bas constellée
"Décadence Verseau",
Ta fonction à jamais
Est de verser ton "Eau"
Dans le gosier divin d'Espèces "photophages" !
De porter en ta coupe, Inconscient méconnu,
Tes émotions baignant
D'aquifères rayons :
Bile, pleurs, sueurs, sang,
Jusqu'à ces "lèvres" dont
Flambe la "lippe" d'or qui bave, soif repue !

Vois donc "l'Élément" fluide à ton insu voler
Direction ce Ciel,
A la répartition
Multidimensionnelle,
Collectant tes "dations"
Qu'offre, en maints tourbillons, le breuvage spolié
Lorsque tu fais l'amour, quand tu sèmes la guerre,
Entre ébats et batailles,
Principe oscillatoire !
Énergie qui, sans faille,
Rejoindra, fin "nectar",
Ces "bouches" abreuvées salivant de Lumière !

Non ! Nul "banquet des dieux", folklore légendaire,
Ne pourra, pour autant,
Illustrer les vils rôles,
Joués à leurs dépens,
Qu'en histrions, en drôles,
Sur la scène du Monde, ô Chaîne Alimentaire,
De maillons en maillons, interprètent tes mœurs !
Sache donc que tu n'es,
Depuis des millénaires,
Simplement que ce jouet
Qu'aux mains des Univers,
Ganymède misère, échanson de malheur,

Manipulent ceux-là qui sans cesse te leurrent !

POEME A LIRE A TOUS LES ENFANTS ATTEINTS D'AUTISME


Le Monde caverneux en lequel, mon ami,
Tu t'enfermes, parfois et des nuits et des jours,
Quoiqu'en dise l'adulte aveugle à la vraie Vie,
Brille de la Lumière immense de l'Amour...
Du Silence la fée, de sa baguette d'or,
Te gratifia du don d'écouter l'Inaudible,
Et tu jouis désormais des mille et un accords
Que te joue la Nature en symphonies terribles !
Le Vide a ses leçons que tu sais, toi, entendre,
Et, si tu t'en es fait souvent l'humble écolier,
C 'est que son tableau noir s'égaie d'une craie tendre.
Au puits de ton regard, Espace illimité,
Gît tout un firmament d'étoiles inconnues,
Et pour cela, je t'aime, esprit digne des nues !
AUX ENFANTS DE VOLTAIRE


Philosophiques mites,
Apprenez à vous taire:
La Pensée va plus vite
Que l'astrale lumière...
Et son char est grandiose,
Invisible à nos yeux,
Dont les roues sont les Causes
Des éthers nébuleux;

Sur son siège l'aurige
N'a de formes en soi,
De celles que l'on fige
D'ailleurs ou d'ici-bas;
Mais sa grande corbeille,
Ne détenant de fond,
Destitue en soleils
L’Essentiale Fusion !

Non, le dieu Apollon,
Gardien du "haut savoir",
Malgré ses nombreux dons
Ne pourrait s'y asseoir;
Ni même Dionysos,
En Maître des instincts,
Sur l'or de ce carrosse
Y apposer ses mains;

Verbeuses par excès,
Imbriaques, lubriques,
Pour Elle, nos pensées
Ne sont que pierre et brique
Avec lesquelles l’on
Elève ces chimères,
De Sodome en Sidon,
Que nous dicte la chair !

L'indispose "l'euphuisme",
Le parler précieux !
Et l'intellectualisme
Lui est plus qu'odieux !
Que lui font donc les strophes,
Les vains prolégomènes
Qu’esthètes, philosophes
Clament, paroles vaines ?

Pas plus que ne lui siéent
Les Corybantes fiers
Qui semaient à leurs pieds
Des pétales à terre !
Quant aux Ménades dont
Tuent les griffes d'acier,
Ne s'offrit son pardon
A ces bourreaux d'Orphée !

"Lège" est son équipage,
Arroi de transparence,
Elle qui n'a pas d'âge,
Perpétuelle "Vacance" !
Sans cesse c'est en songe
Que, plus haut que l'Athos,
D'un vol d'ange, elle plonge
Et battit un Cosmos !

Maine "dit" de Biran
Sut pressentir qu'au fond
Seule compte vraiment
L’innocence du Don !
Amis ! A corps perdu,
Dès à présent, jetons
Nos esprits éperdus
Aux bras de l'Intuition !

Ô vitesses inouïes,
Bien plus "qu'astronomiques",
Via des Faisceaux qui
Défient toute "métrique",
Ne vous confondons point
Avec ce que, pour l'heure,
Nos mathématiciens
Figent, par trop d'erreurs !

Philosophiques mites,
Sachez qu'en l'Univers
La Pensée va plus vite
Que l'astrale lumière !
Là, peut-être qu'un jour
L'homme, insecte blafard,
Sous un rayon d’Amour,
Quittera son placard ?
LE HAMAC



Nietzsche avait son marteau, Occam eut son rasoir
Et moi j’ai mon hamac, l’existence est si brève !
Quant à philosopher ? Laissez-moi à mes rêves !
L’amour ? Je m’en balance autant que de l’espoir :
D’où le symbole acquis à ma cause perdue.
A les vivre vraiment les heures sont précieuses;
Dans l’azur, tout-là haut, les mouettes sont rieuses
Et j’envie leur envol qui s’amuse des nues.
Je pleure - à chaque instant - ce monde qui n’est mien;
La nuit, scrutant le ciel, j’épie d’autres planètes.
Je chevaucherais tant le crin d’une comète
Pour aller voir ailleurs si y sourit le Bien !
J’ai perdu trop de temps la tête dans les livres
Et voilà qu’un filet en suspens m’en délivre…
MIMESIS

I


Comme des "Hommes Phasmes"
Au "bois" de nos marasmes,
Confondus à ces "branches"
Où nos peines s'épanchent
Des conditions serviles
Qu'arborent toutes villes...

Aux "ramées" de goudron,
De verre et de béton,
En lesquelles se fondent
Leurs invisibles Mondes,
Variant leur apparence
En fonction de nos sens...

Ils nous voient en secret, subtil illusionnisme,
Omettre en nos cerveaux la Vérité qui prône
Qu'appartient seul au Père, où l'Infini rayonne,
Ce règne au trône d'or : "Multiplicationnisme" !


II


Ils épousent les "sons",
Les "couleurs" et les "formes",
De nos époques dont
Se "stylise" la norme
Au gré d'un "vêtement",
D'un "maintien", d'un "accent"...

Et se servent ainsi
D'une ère passée où
Nos ancêtres ont fui
Ce céleste "courroux"
Que l'homme, lucifuge,
Surnomma le déluge...

Tandis qu'on aurait dû, habile "novation",
En marge de la peur qui est toujours néfaste,
Faire éclore en nos chairs ces saines "Néoblastes "
Dont les cellules vraies chantent l'Evolution !


III


"- Ne pas posséder pour
N'être pas possédé...
"
Voilà pour eux ce qu'est
Le véritable Amour,
Tandis que, sur nos têtes,
La Chose-en-soi projette...

De nos espoirs, nos peurs,
Nos plaisirs, nos effrois,
Nos douleurs et nos joies,
"D'agréments" en aigreurs,
Les valses en virgules
D'un bal de "Particules"...

Afin que, sustentée d'extrêmes émotions,
"S'autotomise" mieux quelque "peau" dont les pores,
Se délestant d'un poids, offrent un "faire corps"
Aux instants où sévit, "main" ferme, la Pression !


IV


Car voici qu'Ils échappent
A cette immense "chape"
D'écrasement sans nom
Que déployaient soudain
Du Vide une Motion
Contre leurs "membres" fins...

Ces Êtres polymorphes,
"Bouleux", "dolichomorphes" :
- "Lézards" de Lumière
Qu'un "déficit" d'atomes
Rend plus "ange" et moins "homme",
Puisque moindre en matière !


Loin de l'ardélion et de la cantharide,
Synonymes souvent de tristes gabegies,
Ensemble regagnons cette irradiante Vie
Qu'on croit opaque, mais qui reste pellucide !

LA CHOUETTE CHEVÊCHE


La chouette hulule au loin son nocturne et haut cri…
Dis-nous, que chantes-tu, oiseau des grands mystères,
L’envoyée de Pallas, d’Athènes l’effigie,
Qui hantes la forêt et sa sombre lisière ?
La question posée demeure sans réponse;
Le son porté plus bas n’engendre aucun écho;
Tu cherches l’homme fleur et non plus l’homme ronce;
Tous les soirs te déçoit le silence, ton lot.
Depuis que la ciguë suicida un génie,
Tu chuintes dans la nuit ta complainte éternelle :
- « Est-il un homme sage ? Un être libre ici ? »
L’Académie n’est plus que ruine sous le ciel,
Et depuis qu’en exil tu dus fuir l’Acropole,
Jamais ne s’est posé durablement ton vol.
ELEVATION
 
De son boyau immense
Qui serpente à mes pieds,
Glisse une brume dense
Aux écailles d'acier
S'en venant s'immiscer
Là ce matin d'automne,
Au cœur d’une vallée
Verte, rousse, ocre et jaune...

Or malgré moi je pense,
Surplombant le spectacle
Du pic de ma souffrance,
Sommet du mes débâcles,
A ces fonds d'océans,
Au-delà des guyots,
Qui, absurdes vraiment,
Mettront le feu aux flots...

A toi, Terre ingénue,
Que des pressions modèlent !
Toi qui aujourd'hui mues
Dans l'Ordre Universel !
Toi qui verras demain,
Sombre morphométrie,
Tous tes reliefs anciens
Nouvellement pétris !

Aux interfluves qui
Bientôt seront des mers
Dont les "bathymétries"
Furent crêtes hier !
A ces immenses fosses
Que peuplait seulement
Jadis un pelagos,
Bientôt des continents !

Aux ires sussultoires
Dont les pires secousses
Causeront (cauchemars
De la steppe à la brousse),
Des failles derechef
Provoquant le divorce
De multiples "Fiefs"
Sur la terrestre écorce !

Et puis à cette chaîne,
Égrainant tous ses monts,
Qu'on nomme "himalayenne",
Énorme à l'horizon !
Sachant qu'un de ces jours
Quelques amas d'étoiles,
Des créneaux de sa "tour",
Crieront : - "Guerre mondiale !"

Oui, enfin à l'Asie
"Dite" méridionale,
Qui, de râles en cris,
Se fera hôpital
Pour des millions d'hommes
Fuyant, à la dérive,
Bacilles, plutonium,
Sous une pluie d'ogives !

Sous d'intenses rayons
Qu'un soleil émancipe,
En quête d'horizon,
La brume se dissipe,
Et j'ai peine à savoir
Qu'entre Inde et Pakistan,
S’insinue, serpent noir,
Déjà la fin d’un temps.
POÈME À UNE FEMME DÉSIREUSE D’AVOIR DES ENFANTS


Si tu sais que la nef amarrée à son port,
Celle dont le gréement est vanté haut et fort,
Dès les digues passées, à l'instar d'une pierre,
Ira couler à pic dans le sein de la mer;
Si tu sais, qu'en dépit de flamboyantes voiles,
Sa coque vermoulue cachait, en fond de cales,
Un nombre ahurissant de souris et de rats
Qui partout pullulaient et en rongeaient le bois;
Si tu savais l’échec, imparable, à venir;
Si tu savais l'impasse inouïe de l'avenir,
Y ajouterais-tu, complice du naufrage,
Par un marin de plus surchargeant l'équipage,
Une âme condamnée au désastre certain ?
Voilà la société, n'en déplaise à certains,
Qui se targue de mettre au monde tant d'enfants,
Alors qu'on la voue tous à l'engloutissement !
LE DENT-DE-LION


Quand la brise balaie, de son souffle céleste,
Tes aigrettes,
C'est alors qu'en son cœur lit tout un almageste
Le poète !

Ce jour où, enlevées au dos des vents solaires,
Nos neurones
Iront rejoindre enfin ces royaumes stellaires
Qui rayonnent !

Où les constellations, en leur symposium,
Voteront
L'abrogation devers tout ce qui se consomme,
Pour de bon !

Lorsque, de nos cortex, toute nerveuse fibre,
Tournoyant,
Fusionnera soudain avec l'élément libre
De l'Ambiant !

Que, via l'aile du Vrai, imitant Ganymède,
L'échanson,
Nous abreuverons l'Autre avec ce doux remède
Qu'est le Don !

Pour que plus jamais nous ne plongions de nouveau,
Triste sort,
Dans les trois dimensions, damnées au laid, au beau,
D'un vil corps !

Je vois déjà, je vois, vers d'astrales Lumières,
Les méandres,
Volutes dessinant, de la grise matière
Vite ascendre !

Puis exploser là-haut, et se réduire en poudre
Loin des chaînes
Que ferrent nos cerveaux ! Comme, atteint par la foudre,
Un vieux chêne !

L'amalgamation là aussitôt opérée
Sans séquelle,
Ces Cellules auront, pour unique amitié,
L’Éternel !

C'est, en les pourvoyant d’une nimbe diaphane,
Qu'un éclair
Les aura dévêtues, fi du stupide crâne,
De leur chair !

Elles ne sèmeront, celles-ci, dans leur course,
Point de graine,
Mais l'Espoir d'un Ailleurs, direction la Grande Ourse,
Fait pollen !

Elles fuiront ces eaux, captives de l'Espace,
Qu'un ressac,
A l'instar du sérac pétrifié de glace,
Rend opaque !

Cristallisé au feu d'une Autre Intelligence
  Tel qu'un verre,
Leur calice boira, ô source de Jouvence,
L'Univers !

Tout fieri aboli d'un présent de toujours,
Or voila
Que d'Elles, nul enfant, pour promesse d'amour,
Ne viendra !

Toi qui t'en vas te fondre, en ton subtil essaim,
Sur la toile
Du soir, que Dieu parsème, aux mille et un points,
D'étoiles,

Voici ce que m'inspire, en cet instant inouï,
Dent-de-lion !
Ta houppe qui s'envole et qu'absorbe, en sa nuit,
L'Horizon !

MYSTERE


Malheur à l'homme qui se croit à l'abri des
Pierres dont l'ample force, entre effrois et fastes,
Lui est "bonne" tantôt, en d'autres temps "néfaste",
Selon le "feu" ambiant s'en venant l'irradier !
Vois ce visage affreux aux rubicondes boucles
Qu'expose à tes regards, en sa simple "escarboucle",
La "gemme" modifiant, sous des nuées qui tonnent,
Les rais de son soleil en crin d'une Gorgone !
Futile humanité : ta science t'interdit,
Borgne face aux effets, mais à la Cause aveugle,
D'espérer à jamais quelque "Edaphologie" !
Car échappe à tes sens qui bornent ta raison,
(Laquelle, le sais-tu ? plus que des vaches beugle)
Des choses t'entourant, la Mémorisation.
COSMOLOGOS



"- Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ! "
Paroles de Jésus dans l’épisode de la femme adultère.




Nous portons
En notre âme accusée la ciguë de Socrate,
Le bois de Jésus Christ, le bûcher du Nolain,
Et croyons
Injuste le cortège, en ses nombreux stigmates,
Des malheurs qui frappaient hier comme demain...

Conspuant,
Tantôt une ecclésia, tantôt un "fort" régime,
Fautifs en tant de chefs des plus horribles crimes,
Mais ce en
Omettant d’avouer, unanime attrition,
Que ces monstres "humains", c’est nous qui les créons !

Où naguère
L’on croyait innocent, sous l’arbre Obscurantisme,
De croquer le beau fruit qui appelait nos mains,
C’est la guerre,
Pourtant que se cueillait, au nom d’un "animisme",
Sur une mousse tendre, à l’ombre nue d’un sein !

N’est ce point,
Qu’entre Cause et effets, la graine se fait ronce
Ainsi que la question colporte la réponse ?
Car combien,
Concaténation des actes "crus" sans suite,
De l’ancêtre l’enfant profile même "fuite" !

Et que dire
De ces Mémoires qui, aux "Champs de la Pensée",
Cultivèrent, niellées, mille affres pour récolte,
Quand du "pire"
La moisson des cinq sens en nos "cerveaux-greniers"
Engrangeait à jamais torpeurs, comme révoltes ?

Ce qui fait
Qu’aujourd’hui et jadis le mets "Réminiscence"
D’un unique appétit, garde ce goût "d’errance",
Puisqu’en fait,
Ce Patrimoine vrai, legs des temps anciens,
Nous l’héritons de vies en vies, en nos Destins !

Pour qu’un jour,
Dans un proche futur, nous ne soyons déçus
De renaître à nouveau, "calque" d’ères posthumes,
Pour toujours
Évitons de graver, sous ces présentes nues,
La cire de nos cœurs du sceau de l’amertume
!
POEME A UNE SCEPTIQUE


Tu te ris de ma voix lorsque dans un sourire
Je t'intime de croire au fait que "mieux" et "pire"
Trouvent sur la planète, irascible support,
Un terreau à leurs fleurs que l'Instant fait éclore;
Dès lors qu'oscille l'homme en ces Forces contraires
Qui lui parlent de paix tout en lui disant guerre,
N'illustraient que leurs "jouets", de cris en patenôtres,
César comme Jésus, légions ainsi qu'apôtres...
Subir est bien le joug, hélas ! de notre espèce !
Ceux-là vont dans les rues clamer plus de tendresse,
Se délectent ceux-ci quand flambe un carrefour...
Mais tous vivent la Loi d'un seul et même Amour
Faisant que "brûle" ou "brille", au contact de la pierre,
Celui qui dut "choisir" entre feu et Lumière !
L'OISEAU SOLAIRE DE CHENGDU


Aux portes de Chengdu, métropole de Chine
Qui, comme ailleurs partout, à sa perte s'échine,
  Faute d'y entasser son trop plein de misère,
Un coup de pioche heureux fit sourdre un jour de terre

Quelque inestimable "bijou" :
L'Oiseau Solaire de Chengdu !

Effigie incarnant le Mouvement astral,
Brille son disque d'or, orné d'une Spirale
En laquelle l'Esprit vole, d’une aile immense,
Plus haut que le faucon dessus ses nuées denses...

Car c'est un symbole avant tout,
L'Oiseau Solaire de Chengdu !

Bien des siècles pourtant après sa confection,
Qu'il est loin ce passé où, en toutes saisons,
L'Asie comptait parmi ses fleurs, au fin nectar,
Non moins d'érudits vrais que de blancs nénuphars !

Tandis qu'on voyait tel un Tout
L'Oiseau Solaire de Chengdu !

Philosophes ! Savants ! Sages ! Rêveurs...Génies !
Où demeurez-vous donc à l'heure d'aujourd'hui
Lorsqu'on sanglote, veuf de défuntes lumières,
Devant vos noms sacrés qu'on grava sur des pierres ?

Alors que plane, auprès de vous,
L'Oiseau Solaire de Chengdu !

Hélas ! Que reste-il de cette Vision
D'un monde, sublimé par la Contemplation,
Que vous nous transmettiez, via une culture
Qui ne dénaturait point l’Ordre de la Nature ?

Brûle, et non brille, en son courroux,
L'Oiseau Solaire de Chengdu !

Depuis un sombre ciel devenu surchargé
De mille et un buildings, la vile Humanité
Verra fondre bientôt, amateur de colombes,
Un rapace affamé aux allures de bombe ! 

Se faisant dur, et non plus doux,
L'oiseau solaire de Chengdu !

Quand, par le Yang-tseu-kiang et le Gange de même
Qu'embrasera soudain quelque silo suprême,
Des méandres d'horreur couleront en charriant
Les cibles irradiées du Siècle triomphant !

Et que ta proie, ce sera nous,
Oiseau Solaire de Chengdu !
Vign_SunbirdSichuan
LORSQUE JESUS MARCHAIT PARMI LES VILLES


« LORSQUE JESUS MARCHAIT PARMI LES VILLES » revisite le fameux personnage de Galilée en marge du mythe et en exploitant les Textes suivants ( entre autres) :

Juin 1978 RASMUNSSEN + VIRGINS

29 Mars 1987 RASMUNSSEN
Janvier 1994 KARZENSTEIN






La rivière souterraine
Parfois réapparaît
En une fraîche veine
Dispensant son onde diaprée ;
De même quelquefois la mort
Cherche à tarir la source d’or
Dont l’enfant né s’abreuve
En vainqueur de l’épreuve !

Le geyser de Vie sourd bien plus intense
Chez ceux que tend à noyer la rupture !
Et qui tôt but la tasse s’aventure,
Dès la prime émersion de sa conscience,
A être, auprès des valeurs qu'on dégrade,
La Lumière dont l'ondoiement cascade !

Et voilà toute une fontaine
De flammes que l'adolescent
S'apprête à verser, reine
D'un cerveau flamboyant !
Étanchant les cœurs qu'assoiffaient
Ces flots de Vérité
Qu'ils rêvaient en soleil,
D’Elle flue maints rayons vermeils !

Quand, contracté en fortes résurgences,
Ce vif "éclaboussement" de naissance
Ira réchauffer les corps sans ardeur
Qui perdirent "foi", sombrant de malheurs !
Quand, brûlant d'excès d'un feu inouï,
Lui sera conté son passé enfoui...

Au moulin de l'Amour
N'auront plus qu'à tourner,
Dans le bon sens, ou à rebours,
Les ailes d'un "vent inspiré" !
Quand zéphyr, quand borée
Iront moudre ou nieller
Les grains subtils d'une récolte
Que sema paix ou bien révolte !

Catalyseur des chimies cellulaires !
Des brandons d'effroi aux torches d’Éther,
Aptitude au départ "insufflation" !
D'amplification en atténuation,
Soignant le corps doux, frappant les cœurs vils,
Lorsque Jésus marchait parmi les villes...

BOHÊME



Naguère, au pied boiseux de la verte colline,
Se trouvaient, ça et là, d'immobiles verdines
Où s'entendaient le soir, groupés autour du feu,
Danser, rire et chanter des tziganes heureux...
Quoique les loups, non loin, hurlaient par pleines hordes,
Guitares et violons faisaient claquer leurs cordes !
Au cri des « Tsuica ! » puis des « Slivovitsa ! »,
Leurs clameurs résonnaient tard jusqu’au fond des bois.

Ils stationnaient parfois sur de vieux terrains vagues,
Essuyant quolibets : « Volereau ! » « vulgivague ! »
Mais l’enfant écoutait, sur ses genoux assis,
Grand-père lui lisant des légendes inouïes ;
Ses contes inspiraient la tireuse de cartes,
Elle, si belle et si douce, la jeune Marthe
Qui voyait, aux lueurs d'une frêle loupiotte,
Le destin à venir pour toute une roulotte.

Comme elle devinait, entre « étoile » et « pendu »,
La mort d'un assassin, d'une idylle un début,
Sur la planète entière, à son jeu de Tarot,
L’homme devenait bon et le monde enfin beau !
Bohémien ! Gitan ! Gipsy ! Romanichel !
Lorsque vous méditiez, les yeux portés au ciel,
C'était souvent, là-haut, qu’en les étoiles d'or
L’Ordre et le Mouvement se dessinaient alors !

Trônant au firmament, roi des constellations,
Voila qu'impérial, le fier Septentrion
En l'Espace mouvait, gigantesque surprise,
Un char évanescent piloté par Moïse !
Ô combien le Destin, semblable à tous les hommes,
Ne vous distingue point des autres, vous les « Rom »
Qui savez qu'ici-bas demeure de passage
L'engeance maudissant les gens « dit » du voyage !

Et qu'importe aujourd'hui qu’ayant trop enfanté
Votre mode de vie - près du notre - ait chuté,
Je rends grâce, en mon cœur, à cette longue errance
Qui, de la Condition, traduit l’Impermanence !
Pour qu’on ne parle plus de « vauriens », ni « d'air louche »
Quand la plèbe, en cachette, haineuse du « manouche »,
Marmonne : « va-nu-pieds ! », « pégriots de la poule ! »,
Mes Frères avant tout parmi l'humaine foule !

Moi, qui brisai jadis « ma boule de cristal »,
Las de devoir toujours, en ce globe fatal,
Me faire le « diseur de mauvaise Aventure »,
Oui, je vous bénis tous, fruits de Mère Nature !


ODE A UNE GRIMPEUSE


Comme une puce brave, au dos d'un éléphant,
Le cornac dominant le mastodonte inouï,
Son corps grêle, agrippé à sa paroi, défie
Des pics vertigineux les brumes en suspens !
Oh ! N'allez pas là croire à quelque séduction :
Venu d'une âme qui répugne aux sérénades,
Très loin du garçon creux jetant sa vaine œillade,
Ce poème vous dit : "bonjour !" à sa façon...
Certes - je le consens - sait la féminité
M'émouvoir à un point qu'on ne saurait traduire !
Mais tout autant un rêve en moi souvent inspire
L'espérance de voir la Femme escalader
Parfois le mur affreux des pressions conjugales
Pour s'en aller cueillir, là-haut, ces fleurs d'étoiles !
OLYMPIO


Tu scrutes des nuées que balayent les vents
Et qu'embrase un soleil dont le grand disque blanc
Frappe contre ta vitre avec ses rais blessants...

Quelques gouttes de pluie, ça et là, éclaboussent
Le fenestron qui tremble, en de vives secousses,
Sous les coups de boutoir qu’Éole au lointain pousse.

La poussière envolée se colle à la silice
Qu'électrise le sein de sa surface lisse
Magnétisant l'atome et l'onde, sa complice.

Le capricieux Avril de giboulée saupoudre
Un coin de l'horizon où zigzague la foudre
 Vers des brumes qu'en bas l'Autan cherche à dissoudre.


Le printemps est sujet à la contemplation;
La conscience a l'ivresse inouïe des sensations;
Et toi, le jeune enfant, te grise la saison;

Mais, comme un chiffon propre essuie le vieux carreau,
Si ton œil effaçait de tes sens le tableau,
Tu pourrais voir soudain, sous des zéphyrs nouveaux...

Souffler bien d'autres "Cieux" au cœur de l'atmosphère,
Dont les propres "climats", sans été, ni hiver,
Dardent d'autres rayons, luisent d'autres éclairs...

Sans jamais qu'en ta foi la croix ne rende un culte,
Sans jamais que de toi ta voix en cris n’exulte,
Tu pourrais voir, ô toi qui se rie de l’adulte,

Pourquoi l'humanité fabrique des canons
Tout en lisant, le soir, à des petits garçons,
Ces histoires de fées qui parlent de pardon;

Éloigné de "Phébus", illusion sidérale,
De ces "vents" dont dépend le moulin en ses pales,
Tu pourrais voir, masquée par nos "nuages" pâles,

La raison pour laquelle, à la peau de velours,
Dit : "maman !" Cette fille, alors que son amour
Se joue d'une poupée haïe au fil des jours...

Et là, dans un brassage insensé d'électrons,
Combien, en "Continuums", d'immenses tourbillons
Spolient de nos cerveaux les plus fines motions !

A travers ta fenêtre où, ainsi qu’un insecte,
La société parfois cogne son dard infect,
Tu pourrais voir, ô toi que les "grands" ne respectent,

Comment, d'aérostats passant aérodynes,
Des "Couloirs" inconnus se lèvent et déclinent
Comme dans son envol un simple zeppelin !

Loin de ces éléments faisant, selon les heures,
Qu'un ciel heureux sourie ou que triste un ciel pleure,
Tu pourrais voir, enfant que je plains de tout cœur,

S'exercer les fureurs d'astres devenus fols
Et dont les Flux ardents éreintent nos boussoles
Quand foule d'ici-bas sans fondement s'affole !

D’un regard aguerri qui perce la matière,
Par ta lucarne offerte aux rêves sans frontière,
Tu pourrais voir, ô toi qu’attire le Mystère,

Ces Mondes d'outre-là, de leur "tamis" d'éther,
Ne plus filtrer parfois, tels des grains aurifères,
Les particules d'or d'un "filon" de Lumière !

Une main sur la tempe, effigie du songeur
Qu’un arc-en-ciel émeut de ses mille couleurs,
Tu pourrais voir, ô toi écœuré par nos mœurs,

Vers quelles régions l'advection du nez pique
Pour faire capoter nos "géopolitiques"
En terrassant le code établi par l’éthique !

Où s'en vient percuter, violent, le vent solaire
Le typhon qui commande aux votations sommaires
Des peuples affranchis de l'acte volontaire.

Toi qui te pâmes là, derrière ta fenêtre,
Toi qui renies en bloc le monde du paraître,
Tu pourrais voir, enfant qui se contente d’être,

Les secrets de cet "Air" qui, dans ses mutations,
Constitue toute vie, et sans lequel, oh non !
Ne brillerait l'étoile, étrange combustion !

Et surtout quel futur attendre, ô bel enfant !
Toi qu’illumine enfin, vision d’un Firmament,
Le soleil de l’Amour qui jamais ne nous ment.
ESPERLUETTE par Momijiya
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